Les effets du soleil ?

2022009

Nous remontons vers le nord, toujours en auto-stop, entre camions et véhicules légers, nous discutons avec les gens, nous apprenons l’histoire des Incas, de ces trésors perdus que des chercheurs ne trouvent pas encore, nous retrouvons les fruits tropicaux à mesure que nous sortons du désert.

Les gens ne sont plus les mêmes. Nous retrouvons une générosité spontanée, des repas offerts, des personnes intéressées pour échanger expériences, anecdotes, des hommes et des femmes ouverts et avenants. Des relations humaines intenses, superficielles peut être, mais très prenantes. Cela nous rappelle le Brésil. Nous sommes sous les mêmes latitudes, nous nous rapprochons de l’Equateur, le soleil est pesant cependant on a l’impression qu’il calme les gens, il les rend plus agréables, plus gentils, presque prévenants.

On retrouve aussi plus de délinquance, plus de pickpokets, comme au Brésil… Sous le soleil…




En descendant de l’Altiplano

2022009

L’Altiplano, c’est le froid, les montagnes partout, les couleurs des vêtements des gens, peu de véhicules, du calme, des déchets qui s’envolent avec le vent, faute de structure de collecte et d’élimination ou de recyclage.

Altiplano tranquilo
Album : Altiplano tranquilo

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Nous voyageons 2 jours en auto-stop virvoltant d’une benne de camion, à un coffre de voiture, en passant par le véhicule d’un passeur de voitures, légal il parait. 1100 km en 30h à 3, un compagnon de route péruvien s’est joint à nous pour l’aventure.

Lima, la capitale du pays, c’est le chaud, entre le désert et l’océan Pacifique, le gris pollué des murs, une agitation permanente dans une mégalopole de plusieurs millions d’habitants, les voitures klaxonnent toujours plus fort, les gens sont pressés et propres.

Nouveau choc. Si le monde  »civilisé » nous accueille avec des dizaines de publicités de 20 m de haut, il nous offre aussi des prix fixes que nous n’avons pas à marchander (avec notre peau blanche, nos cheveux et nos yeux clairs, les prix de l’altiplano peuvent être multipliés par 4), une hygiène raisonnable, des grandes surfaces (inexistantes depuis La Paz, 1000 km plus au sud), des produits emballés tous identiques, du vin et du fromage français, des pains qu’on prend avec des pinces, sans oublié un air abondant mais irrespirable, des heures de transports en commun pour un aller retour banlieues-centre, des trottoirs propres.

Retour à la consommation
Album : Retour à la consommation

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Il y a des avantages, il y a des inconvénients. Entre les deux mondes que sont l’altiplano et les grandes villes péruviennes de la côte, nous faisons notre chemin en remontant vers le nord à travers tous ces contrastes.

 




Mac Giver n’a qu’à bien se tenir

2022009

En voyage, il y a des paysages magnifiques, des scènes de misère difficiles à accepter, des gens très agréables, du danger, et des petites choses amusantes…

Par faute de moyens, les péruviens sont ingénieux.

Le repas en sac plastique :

Quand le polystyrène de nos emballages jetables ne monte pas jusqu’à 4000 m d’altitude sur l’altiplano, les commerçants font avec les moyens du bord.

Repas en kit
Album : Repas en kit

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Le chargement du tricycle :

Quand il faut déplacer des charges lourdes, les cyclo-taxis trouvent un moyen de transport et puis les idées viennent.

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En frôlant les 5000m

12012009

Restant depuis quelques jours à Yunguyo, au bord du lac Titicaca côté péruvien, un volcan nous nargue. Il s’appelle Kapia et est le point culminant de l’Altiplano péruvien du haut de ses 4500m nous dit notre hôte.

Un matin, c’est décidé, on le monte. Nous allons de Yunguyo au pied du volcan en transport en commun, et commençons l’ascension, à 4 : notre hôte, une amie à lui et nous 2, tous fiers de ne presque plus sentir le manque d’air après plusieurs semaines passées à plus de 2500m d’alt.

3h30 de marche sont nécessaires, à raison de pauses toutes les 3 minutes (sans exagérations) pour reprendre notre souffle, et en profiter pour admirer la vue qui au fur et à mesure des mètres gravis nous révèle le lac Titicaca dans son intégralité, la frontière Bolivienne au loin, la cordillère blanche encore plus à l’Ouest.

Nos deux amis guides sont déjà en haut depuis un moment, ils ont 4 poumons de plus que nous.

La vue en haut est impressionnante. Les photos parleront d’elles mêmes…

En frolant les 5000m
Album : En frolant les 5000m

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La redescente est beaucoup plus agréable. Nous coupons à travers un cirque pour rejoindre rapidement le sentier de la vallée. Là nous traversons les pâturages de dizaines de moutons, lamas, chèvres, cochons, vaches gardés par leur maitres péruviens toujours aussi culturellement colorés quand leurs femmes, plus en aval lavent le linge de la semaine ou du moins dans le ruisseau à l’aide de produits plus que chimiques…

Cela n’empêchera pas Percy, notre hôte de boire l’eau de ce ruisseau… i Se puebe beber, adelante !

Exténués par ces 10h de rando, en altitude, aussitôt arrivés à la maison, 18h, au lit.

Et c’est parti pour 3 jours de tourista intense installée grâce à notre faiblesse de randonneurs épuisés et au manque d’hygiène qui règne ici. Nous garderons des symptômes.

En fouillant plus sur internet, on s’est aperçu que le Kapia a une altitude de 4960m et non 4500m… La tourista aura donc été le revers de la médaille d’avoir frôler les 5000m.




Arrivée au Pérou, Nouvel An

12012009

Le Pérou, nous passons la frontière et arrivons à Yunguyo, au bord du lac Titicaca. Notre hôte nous attend, c’est avec lui, sa maman et ses amis que nous allons fêter Nouvel An .

Dans l’après-midi du 31 Décembre, nous préparons le « muñeco », un espèce de pantin tout en tissus, de taille humaine. Il sera brûlé au douzième coup de minuit et marquera les adieux avec l’année 2008.

C’est autour de ce petit feu de joie, dans la fraîcheur de la nuit du Nouvel An, que nous nous souhaitons à tous, une bonne année, tout en se recouvrant la tête de confettis.

Le réveillon du 31 Décembre
Album : Le réveillon du 31 Décembre

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Le lendemain, la fête redouble d’importance. Des défilés de danses traditionnelles et des fanfares sillonnent les rues de la ville toute la journée du 1er Janvier et la nuit durant. Ce n’est ni du folklore ni du tourisme, nous sommes les deux seuls étrangers témoins des festivités de la petite ville. 

Festivités du 1er Janvier
Album : Festivités du 1er Janvier

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Mars et Venus en voyage

6012009

« Nous souffrons parce que nous croyons donner plus que nous ne recevons. »

Paolo Coelho

 

Béa me fait suivre le lien d’un spectacle humoristique sur les différences hommes/femmes, dont elle m’avait plusieurs fois parlé.

-       Tu vas comprendre beaucoup de choses, m’a-t-elle répété maintes fois.

Curieux, je démarre la vidéo titrée « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus » ouvrant sur un certain Paul Dewandre, humoriste belge qui se présente comme professeur d’un cours d’éducation sur la relation homme/femme dans le cadre d’un programme de lutte contre le divorce. Sujet d’actualité pour Béa et moi.

S’excusant de schématiser – les hommes d’un côté, les femmes de l’autre –  l’humoriste dépeint les principales différences entre les deux sexes, bien que d’après lui, nous avons tous une part masculine et une part féminine.

-       Les hommes focalisent sur la performance, sur leurs compétences alors que les femmes s’intéressent à la qualité des relations et des événements.

En effet, je réalise que je recherche le trajet en stop à tout prix. Béa souhaite avant tout faire un bon voyage, que ce soit en bus ou en stop. Nous n’avons pas la même vision des choses.

-       Les hommes sont dans le rationnel, alors que les femmes, sont, non pas dans l’irrationnel,…

Le public rit. Tout le monde l’attendait.

-       …Mais dans l’émotionnel. Il n’est pas rare que devant une garde robe bondée, une femme s’exclame avec agacement…

Et le public complice qui complète :

-        Je n’ai rien à me mettre…

Je souris en regardant Béa du coin de l’œil. Apparemment, c’est pareil pour tout le monde. Dewandre nous explique que les femmes étant dans l’émotionnel, elles recherchent des vêtements correspondant à l’humeur dans laquelle elles se trouvent alors que dans la logique masculine, « je n’ai rien à me mettre » signifie concrètement que je n’ai pas de vêtements !

Vague de rires du public. Je repense à ce que m’avait dit Béa à Buenos Aires. «  Je n’en peux plus ». Dans ma logique, elle exagérait. De son côté, elle voulait juste faire passer un ressenti. Manque de communication.

L’humoriste de plus en plus plébiscité nous jette quatre mots fondamentaux pour la compréhension des relations hommes/femmes : attention, confiance, appréciation et compréhension.

-       J’en vois qui sont déçus… Il n’y a pas le mot « sexe ». Ne vous en faîtes pas, on va en parler à la fin… Je procède ainsi pour être sûr que les hommes restent attentifs jusqu’au bout !

Nouvelle vague de rires. Et Dewandre d’ajouter qu’on ne se sent pas aimé pour les mêmes raisons. Nous faisons l’erreur de donner à l’autre ce qu’on attend le plus, soi-même ! Il arbore un sourire paternaliste avant de continuer.

-       Les femmes ont besoin d’attention, alors que les hommes ont besoin de confiance. De même, les hommes nécessitent des appréciations alors que les femmes ont besoin de compréhension.

Le professeur philanthrope explique que si les hommes suivent une courbe émotionnelle plutôt rectiligne, les femmes suivent une belle sinusoïde, une vague avec des hauts et des bas. Dans les hauts, celle-ci est guillerette, innocente, joyeuse. Puis Dewandre laisse un grand blanc dans son monologue.

-       Et à un moment donné – et dans l’esprit masculin, sans aucune raison particulière – tout d’un coup, il n’y a plus rien qui va ! La femme va commencer à parler de plein de problèmes que l’homme va prendre pour des exagérations. Elle va utiliser des mots comme « toujours, jamais, personne, tout le monde »

Le montage vidéo du spectacle montre des couples se bidonnant ensemble. Et Dewandre reprend :

-       C’est toujours la même chose, tu ne fais jamais

-       …rien, répond le public.

-       C’est moi qui fait…

-       …tout, se marrent les centaines de personnes, hommes et femmes.

-       Personne ne…

-       …m’aide

-       Ça n’ira…

-       …jamais, termine le public en délire.

-       Vous connaissez bien vos leçons ! conclut l’humoriste dans un tonnerre d’applaudissements.

Je ris tout seul face à mon écran. Combien de fois ai-je entendu ça ? Des centaines de fois. Et combien de fois l’ai-je effectivement pris pour des exagérations ? À chaque fois ! Que ce soit Béa, ma mère, ou toute autre femme à qui j’ai eu à faire.

-       Et à ce moment-là, les hommes vont faire l’erreur la plus dommageable pour la relation. Ils vont tout mettre en œuvre pour couper la vague, rester sur les hauts.

Dewandre met en scène diverses situations montrant que face aux problèmes énoncés par sa compagne, l’homme lui apporte des solutions, essaie de lui montrer par A+B qu’elle a tout pour être heureuse, pour finalement décréter qu’elle exagère et que cela vient probablement de ses menstruations qui s’approchent ! Situation finale : l’homme dédaigneux invite sa compagne à aller prendre l’air et à revenir quand elle sera calmée ! Le public rit d’être choqué. Je me souviens m’être comporté de la sorte parfois. J’ai un peu honte. La caméra montre des gros plans sur des couples au regard grave dans le public. Je ne suis pas le seul à me reconnaître.

-       Dans cette situation, la femme ne se sent pas comprise. Elle ne cherche pas de solution, elle veut juste parler de son problème et sentir un soutien.

Dewandre rappelle que dans la même situation, l’homme ferait la tête, muet dans son coin, ou alors, chercherait obstinément une solution. C’est donc incompréhensible pour lui de voir sa femme parler en évitant les solutions, comme si elle y prenait plaisir !

À chaque fois que l’homme tente de couper la vague et que par conséquent, la femme ne se sent pas comprise, les bas sont toujours aussi bas et les hauts de moins en moins haut. Je reconnais notre couple. J’avais pourtant l’impression de me comporter au mieux, d’aider Béa dans ses problèmes, de lui proposer des solutions. Rien à faire. Je lui coupais sa vague. Je cherchais à la faire réagir aux stimuli qui me font réagir, moi. Erreur…

-       De nos jours, dans 75% des cas, ce sont les femmes qui quittent leur compagnon… Parce qu’aujourd’hui, elles le peuvent !

Certains rires font la transition, Dewandre continue en soulignant le besoin de confiance et d’appréciation des hommes.

-       Ils attendent qu’on les laisse gérer leurs problèmes comme des grands et ils apprécient vivement les compliments : « Personne ne cuisine comme toi ». « T’es le plus foooort », s’écrit l’humoriste.

Je souris. Je me reconnais. Je ne supporte pas quand Béa critique ma façon de gérer EcoAmerica. Je sais ce que je fais et je suis capable de le faire. Qu’elle me fasse confiance !

Il continue en expliquant que les femmes ont besoin d’attentions, tous les jours, tout le temps, sans forcément être touchées par la pondération. Le public reste interdit, curieux de comprendre. Moi aussi.

-       Messieurs, j’ai une bonne nouvelle ! sourit-il. Un mot d’amour sur le frigo ou un voyage à Hawaï rendra votre femme tout aussi heureuse !

Le rire est beaucoup plus grave dans l’assemblée.

Le thème de la sexualité arrive enfin. De façon très imagée, Dewandre nous explique que les hommes fonctionnent comme un chalumeau, alors que les femmes sont plus comme des fours !

-       Messieurs, n’ayez pas peur d’être doux ! Thermostat 4, c’est comme en cuisine, il faut être patient !

Rires féminins dans la salle.

-       Et mesdames, ça ne va pas non plus vous rendre exténuées le lendemain d’avoir fait l’amour. Ca ne dure pas forcément toute la nuit, à chaque fois… insiste-t-il à leur manière.

Des couples de l’audience rient entre eux. Je regarde Béa une nouvelle fois.

-       C’est pourquoi beaucoup de couples cassent malgré qu’ils aient passé une énergie folle à tenter de sauver leur relation. L’erreur vient du fait qu’on se comporte avec l’autre comme avec quelqu’un du même sexe que nous.

Je soupire d’avoir compris.

-       Messieurs, si vous voulez avoir une vie sexuelle très remplie et vivre avec quelqu’un qui n’a pas de vague comme une femme, vous savez ce qu’il vous reste à faire… !

Je suis abasourdi. Je me sens bête. Grandi, mais bête. Comment n’ai-je pu jamais comprendre toutes ces subtilités ? Je dois changer.







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