EcoAmerica, 5 ans après…

17102013

Il est des choses qui demandent maturation. Le récit de voyage de ce périple journalistique EcoAmerica en fait pleinement partie.

Mûri au gré d’autres voyages nus et culottés, de davantage de rencontres plus locales et surtout au fil du temps qui passe et offre du recul au voyageur, le texte retraçant cette aventure est enfin arrivé au terme de son chemin. Voilà qu’il entre désormais dans un format qu’on peut partager : un livre. Au terme de son chemin… Ou plutôt d’une première étape. Pour le reste, il est entre vos mains.

Je suis heureux de vous présenter : EcoAmerica – Voyage en quête de solutions durables !

EcoAmerica, 5 ans après... dans Pensées couv-ecoamerica-188x300

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Et finalement, quelles solutions pour la planète ?

10072009

Je suis en France, de retour. J’ai retrouvé mon univers, mes proches, une autre réalité. Les images se bousculent dans la tête. Quelques mots en sortent. Diversité. Différence. Beauté.
Le monde est merveilleux, les gens sont encore plus beaux. Je suis content d’avoir été témoin de cette réalité.

Les gens et leur pays
Album : Les gens et leur pays

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Je finis mes 15 derniers reportages, je réfléchis au partage de l’aventure via l’écriture d’un livre. Des conférences sont à venir également. Pour l’instant, je prépare ma poursuite d’étude en Suède toujours autour du Développement Durable.

A ce propos, qu’est ce que je ramène ? Je suis parti faire un petit tour des solutions portées par les acteurs du développement durable. Des solutions dans le domaine des énergies, de la construction, de l’aménagement, des déchets, de l’eau, de la santé, de l’agriculture, de la politique, de la biodiversité, de l’éducation, etc. Ces solutions sont portées avec enthousiasme et percévérance par des acteurs très différents, tels des entreprises, des associations, des ONG, des gouvernements, des collectivités, des particuliers, des chercheurs, etc.

Les acteurs et leurs projets
Album : Les acteurs et leurs projets

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Ces solutions répondent au besoin de mieux considérer l’environnement et l’Humain dans un développement économique responsable. Elles pansent des plaies plus ou moins anciennes. Elles pansent. C’est bien là le problème. Elles ne font que panser, que soigner, et rarement anticiper les problèmes.

Je m’aperçois que les problèmes environnementaux, sont avant tout, des problèmes sociaux. Des problèmes d’incompréhension entre les gens, les états, les entités, les cultures. Ces problèmes sociaux ou sociologiques découlent à mon sens de problèmes humains, à l’échelle de l’individu. L’égoïsme de chacun serait à mon sens, responsable de nos difficultés.

D’après ce que j’ai vécu, en partant à la rencontre des autres, j’ai pu réaliser l’importance de rencontrer l’autre, d’avoir à l’écouter, pour le respecter quel qu’il soit. La rencontre de l’autre me semble être la vraie solution pour prendre le taureau par les cornes et s’attaquer à la base des problèmes. Je m’intéresse au Bouddhisme. Le renoncement, la sobriété, la quête du bonheur, le travail sur l’égo prennent du sens pour moi. La rencontre en toute amitié et saine curiosité permet de continuer ce travail sur l’introspection humaine.
Au final, je m’aperçois, dans un mélange de terreur et de joie que les solutions pour « sauver la planète », et surtout sauver l’humanité se contiennent plutôt dans la rencontre de l’autre que dans des champs d’éoliennes, des agrocarburants, des éco-taxes, ou autre sur-complication de notre système déjà en crise à cause de son niveau de complexité.

J’ai voyagé pendant 10 mois en stop et en Couchsurfing (hébergement chez l’habitant) pour aller chercher des solutions que j’avais déjà trouvées. En partant à la rencontre de l’autre, dès le premier pas, j’avais les solutions.

 




Je veux être heureux à 65 ans

5062009

Aujourd’hui, je viens de rencontrer une personne qui m’a fait comprendre quelque chose de profond.
Il s’agit de Peter, un homme de 65 ans. Le front dégarni, les lunettes aux verres progressifs gentiment posées sur son front, rasé de prés, le gilet de pécheur, la bedaine et le chapeau d’Indiana Jones, le sourire sage.

Peter, une inspiration
Album : Peter, une inspiration

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Peter est le père de ma couchsurfeuse, elle est a Montréal en ce moment, de l’autre coté du pays, cependant elle m’a dit que son père m’accueillerait avec plaisir. Ce qui fut le cas.
Cet homme qui se remarque tout de suite par sa bonne humeur, son flot de petites blagues et sa malice, m’emmène de surprise en surprise… Nous commençons par aller acheter des fruits à la caravane d’une jeune femme qui vend sa marchandise sur le bord de la route depuis 14 ans. Lui vient depuis 13 ans. Ils sont amis. On joue avec les chiens et on repart avec quelques raisins, abricots et cerises. Je suis accueilli en ami. On devient vite complice.

Ensuite nous cuisinons ensemble petits légumes sur gros pavé de bœuf qui constitueront un repas magique savoureusement arrosé d’un bon petit cabernet sauvignon.
Au cours de ce repas, il n’a cessé de me compter ses aventures autour du monde dans les années 70. Des aventures en stop, en bateau, en train, seul et parfois accompagné.
Le temps de ce repas ensemble, j’ai vu dans ses yeux l’émerveillement d’un gosse qui découvre un nouveau continent, d’autres cultures, la surprise d’un ado qui se voit offrir des lifts en stop très facilement parce qu’il est bien accompagné par une jeune et jolie australienne, le plaisir d’un jeune adulte au contact des nombreuses voyageuses qu’il croise, séduit et aime le temps d’une nuit sur sa route, et la sagesse de l’homme mûr et serein qui tombe amoureux et se marie en chemin et ainsi s’arrête pour fonder sa famille.

Peter est heureux, serein, et rayonnant. En ces 6 années de vadrouille, il a expérimenté plusieurs boulots, rencontré des centaines de personnes, appris d’autres langues. Rien de vraiment exceptionnel, mais ce qui fait de Peter un homme particulier à mes yeux du moins, c’est qu’à 65 ans, il est profondément heureux.

Cette discussion fut contée avec une magnifique et agréable pointe d’humour en me parlant de son ticket tour du monde en cargo : « I saw a lot of water! » Rires aux éclats… Il racontait ses histoires pour les partager, mais je voyais dans son regard scrutant le plafond, cherchant ses mots pour qualifier au mieux ses émotions sur le moment, je voyais que le principal public de ces histoires était lui-même. Des histoires qui, sachant qu’il les a vécues, le rendent réellement serein jusqu’au fond de son être sans regret sur sa vie. Ayant passé cette étape de se rassurer lui-même, de se rappeler qu’il a bien vécu, il ne peut que compter ses histoires avec plaisir et sans artifices, pour le bonheur de son auditoire.
En me parlant du capitaine de bateau qu’il convainc via son humour, je sens qu’il est content de lui, en me parlant de l’hôpital psychiatrique où il a travaillé deux ans, je sens qu’il a appris, en me parlant de cette anglaise avec qui il a passé des nuits merveilleuses dans une auberge de jeunesse au Pérou, je sens qu’il a été comblé.
Aujourd’hui, Peter est retraité, divorcé, père de 2 enfants. Il conserve une belle relation amicale avec sa femme et ses enfants de 22 et 26 ans grandissent et étudient, et prennent leur envol. Peter continue de travailler pour une petite boite de production de vidéos de sensibilisation autour du thème environnemental. Sa maison est très désordonnée, sa vie est très remplie.
Aujourd’hui je viens de rencontrer Peter qui m’a fait comprendre que quand j’aurai 65 ans, je veux être heureux.
La maxime « carpe diem » prend tout son sens, celle disant « on n’a qu’une vie » la surpasse et ma pensée « je veux être heureux à 65 ans » trouve un chemin, une raison.




Du Mexique vers les Etats Unis – Choc culturel

28052009

Il me faut trois jours de route à travers le Mexique, pour rejoindre les Etats-Unis. Ils seront très agréables et aventuresques. Pendant ces trois jours, je me retrouve à annoncer l’arrivée des fruits et légumes au micro de la camionette d’un petit producteur, je passe une nuit avec un routier, sur la même couchette que lui, au milieu de ses ronflements, je conduis un poids lourd sur 20 km (son chauffeur m’installe au volant alors que le camion est lancé à 90 km/h), on m’invite plusieurs fois à manger, aller boire un verre, je passe une nuit au centre de la croix rouge… J’apprécie donc pleinement de la générosité et l’amabilité des Mexicains qu’on trouve à tous les coins de rue.

Mexique ou Amérique Latine, que du bonheur
Album : Mexique ou Amérique Latine, que du bonheur

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J’approche la frontière. Je suis surexcité à l’idée d’entrer aux Etats-Unis. Je vais enfin pouvoir me faire mon idée sur les gens, leur politique, la guerre en Irac… J’attends une réponse à beaucoup de questions.

Malgré le contexte de la grippe A et les problèmes d’immigration que subissent les Etats-Unis, la frontière Mexique-EU est l’une des plus facile que j’ai passée au cours de ce voyage. Je n’ai été fouillé que par les ondes du portail de surveillance !

De l’autre côté, le rêve américain. Je trouve un endroit parfait pour faire du stop. Quand il n’y a pas de voiture je chante, je danse sur le bord de la route. Je joue de l’harmonica. Être aux Etats-Unis m’enchante. En sortant du Mexique, c’est toute la page Amérique Latine qui se tourne. A moi un nouveau monde, celui de l’Amérique du Nord anglophone. Changement de langue, changement de culture, changement de rythme de vie.

J’attends. Les gens ne s’arrêtent pas, ils ne me regardent même pas. J’attends. Je chante moins fort.

Je m’approche des voitures qui freinent à l’intersection toute proche. Je fais signe que je veux simplement leur poser une question. Toutes les voitures passent sans s’arrêter, on dirait qu’ils ont peur.

J’arrête de chanter. Ca commence à m’énerver… Il faut changer de stratégie, s’adapter aux gens. J’attends qu’une voiture à la fenêtre ouverte passe pour l’interpeler. Le mec, sympa, m’emmène jusqu’à une station essence. J’arrive à trouver un autre véhicule pour rejoindre Tucson et puis Phoenix au coeur du désert de l’Arizona. Arrivé la bas, c’est stérile. Personne dans la rue, le flot de voiture, de 4*4 munis de parre-bufle urbain, est continu.

Je ne sais pas où je suis, je voudrais juste demander mon chemin. Au feu rouge, personne ne me répond. Les gens ferment leur fenêtre quand ils me voient arriver avec mon sac à dos et mon atlas de la route. Je me sens désarmé et révolté. Pourquoi ne veulent-ils même pas me parler ? Je me sens perdu, beaucoup plus que quand j’étais malade sur l’altiplano, ou en bordure de favela au Brésil. Ici je ne sais pas quoi faire, ni où aller.

Les rares personnes qui acceptent d’échanger quelques mots avec moi, sans s’arrêter de marcher, le temps que leurs pas pressé les emporte hors de portée de voix me souhaitent bon courage du fond du coeur. Ils ne s’arrêtent pas pour parler, ils sont pressés.

Je tombe enfin sur quelqu’un de patient et généreux qui me dépose au centre ville.

Je rêvais dun autre monde...
Album : Je rêvais d'un autre monde...

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Plusieurs jours plus tard, je reprend la route. Quelque chose se dessine au fur et à mesure des rencontres. Les gens sont soit impossibles à approcher, grognon ou poli à l’extrême, soit adorables, ouverts et curieux ! Le problème est que ce deuxième type de personne est aussi rare qu’il généreux.

J’évolue donc dans ce pays, débordant d’individualisme et taché de générosité essayant de comprendre et de m’adapter à cette population dont chaque individu ou presque est incroyablement concentré sur lui même.

Bienvenu aux Etats-Unis !




En narguant l’horloge

27042009

Espérance de vie humaine, entre 40 et 85 ans. Espérance de vie de certains arbres que nous plantons, plusieurs milliers d’années. Espérance de vie de pierres que nous déposons… Inconnue.  Au Mexique, près de la ville d’Oaxaca, je passe dire bonjour à l’Arbre de Tule. Arbre avec un grand « A », car ce petit bout de bois de 640 tonnes a fêté son 2000ème anniversaire, il y a quelques années ou dizaines d’années. Qui sait ? 

Allumettes en puissance
Album : Allumettes en puissance

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Toujours au Mexique, toujours près d’Oaxaca, je visite les ruines du Monte Alban. Des ruines Zapotèques, un peuple venu d’Amérique centrale dont la période de prospérité se trouve environ autour de 500 ans av. JC. Qui sait ? 

Tas de pierres
Album : Tas de pierres

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C’est parfois surprenant de se rendre compte son insignifiance… 

 




Que veut dire sécurité ?

18042009

L’Amérique Latine pourrait être caractérisée par sa façon de concevoir la valeur de la vie et donc la sécurité de manière différente de celle que nous connaissons.

Dans de nombreux quartiers de grandes villes, on tue pour un portefeuille, une poignée de dollars.

Au Brésil, dans certains états, renverser quelqu’un sur la route n’est réprimé que par une amende.

Sur la route, la ceinture de sécurité ne sert à rien… si ce n’est à satisfaire les policiers qui veulent la voir mise, dans les pays où elle est obligatoire. Parfois les policiers eux-mêmes ne la mettent pas. J’ai été pris en stop par des policiers au Guatemala : arme au poing, ceinture au repos.

C’est très récurrent de voir des voitures de 5 places emmenant 8 ou 9 personnes.

En Bolivie, un pick up nous prend en stop avec 12 autres personnes à l’arrière dans sa benne. On fait des rencontres !

Parfois, des bus guatémaltèques ont des passagers sur le toit…

Au Pérou, au Guatemala, je voyage dans le coffre d’une voiture pendant quelques dizaines de minutes.

Il m’arrive de dormir à l’arrière des picks-up en Amérique Centrale.

Sur tout le continent, c’est à 2, 3 voire 4 qu’on monte sur une moto. Sans casque bien entendu.

Au Salvador, je suis pris en stop par un camion de chaises, avec ces ouvriers à l’arrière confortablement installés pour le voyage sur la marchandise. Au Mexique, c’est un camion de bidons qui m’emmène. En Equateur, je suis dans un camion de déménagement vide.

Ces moyens de transports sont habituels ici, et il faut l’avouer très pratiques pour le stop et pour le transport des locaux.

Au Brésil, les gros 4*4 roulent à toute allure en doublant les tracteurs, les camions, les charrettes tirées par des chevaux. Des enfants traversent. En Colombie, les camions doublent en montée en courbe, sans aucune visibilité. Et ça passe !

Les chargements des véhicules sont souvent exagérés, en poids comme en volume.

En Argentine, au Pérou, en Colombie, etc. on klaxonne pour prévenir qu’on arrive (ayant la priorité ou non) et qu’il faut nous laisser de la place. 

Les chantiers de construction m’attirent l’oeil également. Très peu pour ne pas dire, aucune condition de sécurité. Les ouvriers se penchent pour visser un bardage, rapporter un peu de béton, vérifier un alignement, avec 10 ou 15 m de vide sous eux. La construction des ponts et des hauts édifices fait de nombreux accidents.

Méditations sur le mot "risque"
Album : Méditations sur le mot "risque"

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Toutes ces découvertes sont parfois des chocs pour un européen. Nous n’avons pas la même conception de la vie, pas la même conception du danger.

Sont-ils inconscients ? Sommes nous paranos ?

Ce sont deux mondes différents, chacun avec sa logique de fonctionnement, chacun avec ces raisons et ses priorités. Il n’y a ni meilleur, ni pire, il n’y a que des différences.

D’après W.S., « Il n’y a ni bon, ni mal, c’est la façon de penser qui le fait ainsi ».




Systèmes d’adresse

18042009

En Europe, le système d’adresse est le suivant. Je vis au n°5 rue Georges Marouillet, ou au n°80 boulevard Victor Hugo. Simple… A condition de savoir ou se trouvent ses rues…

En Equateur, en Colombie, les rues croisent perpendiculairement les avenues à l’américaine, comme sur un échiquier. Toutes, rues et avenues, sont repérées par des numéros en ordre croissant d’un point cardinal à l’autre opposé. J’habite au numéro 12-41 de l’avenue 154, ce qui signifie j’habite sur l’avenue 154, entre la rue 12 et 13 au numéro 41. Mon travail se trouve au 143-27 de la rue 43, je travaille donc au numéro 27 de la rue 43 entre l’avenue 143 et 144. Simple non ?

En Amérique centrale (Costa Rica, Nicaragua, Honduras, Salvador etc.), le système d’adresse est encore différent. Ni rue, ni numéros, seulement des points de repère. J’habite à : depuis l’église San Juan, une cuadra (soit l’espace entre 2 rues, un pâté de maisons) au sud, 3 à l’ouest, une maison de 3 étages couleur verte avec portail noir. Mon travail se trouve, depuis le pont neuf, 300m au Nord, et 25m à l’Est. Un édifice blanc en face de la banque BanRural. C’est ainsi que s’écrivent les adresses sur les courriers postaux.

Il existe des systèmes d’adresse encore différents. En Bolivie, j’ai trouvé trois numéros 7 dans la même rue. Très souvent, les numéros ne sont pas classés dans l’ordre. Parfois les numéros correspondent au nombre de mètres depuis le début de la route, et non le nombre de bâtiment. Ou encore celui pour lequel le maître de maison trouve un intérêt.

J’ai eu besoin de me rendre à de nombreux lieux différents et finalement, aucun système ne semble être meilleur que les autres. Ils sont adaptés à une forme d’organisation des villes et une forme de pensée. Il faut juste s’y adapter.




Voyager n’est pas de tout repos, Béa rentre en France

6032009

Sortir d’une voiture en saluant le conducteur, sympa de nous avoir payé le repas …

Il fait chaud, le sac est lourd et les vêtements collent. 17h, la nuit arrive, il faut rapidement trouver quelqu’un pour nous emmener jusqu’à la prochaine ville où normalement on peut nous accueillir.

On marche, le pouce en l’air, en se retournant à chaque fois qu’on entend un bruit de moteur. Non toujours pas. Le prochain peut être ?

Pourquoi il ne s’arrête pas !? Il est tout seul dans son gros pick up qui pollue. Il a peur qu’on le mange ou quoi !

Guillaume, calme-toi, c’est son choix.

Là-bas, le mec m’a dit qu’il y a une station essence plus loin, on y trouvera facilement un camion.

Après plusieurs km à l’arrière d’un pick up, ou serré avec les sacs sur les genoux, on arrive tard, en plein centre ville, plusieurs millions d’habitants, des quartiers dangereux à éviter, on a une adresse, pas de numéro de téléphone.

J’espère qu’il ne dort pas encore.

Tu sais où on est ? Les taxis sont chers, faut y aller en bus. Monsieur, s’il vous plait, pour aller dans tel quartier, quelle ligne de bus peut nous y emmener ?

Il faut demander à 4 personnes pour croiser les informations et être sûr de s’engager dans la bonne direction. Les gens donnent parfois une indication sans savoir. On trouve le bus, on arrive dans le quartier, on marche. Encore. C’est obscure et pas toujours sûr. On arrive dans la rue. C’est quoi le numéro déjà ? Attends, je l’ai pas là, c’est dans ma pochette. Continue de marcher, ya un mec bizarre là bas.

C’est le n°25-32… ?? P**** comment ca marche ?! Pourquoi ya deux numéros ? T’as compris pourquoi ? Tu m’écoutes quand je te parle ? Pardon je suis fatigué, aller on avance.

Ca y est voila le numéro. Le portier nous retient, il appelle notre couchsurfer, lequel fini par descendre avec un grand sourire et les bras ouverts. Bonjour mes amis, je vous attendais. Ouf, ca fait plaisir un tel accueil, on va pouvoir dormir à l’abri cette nuit.

On fait le tour de son appart, sa famille est sympa. On a une chambre pour nous. Super. On parle, c’est crevant à force de parler toujours une langue différente, à longueur de journée, répéter qu’on est français et pas américain malgré mes cheveux blonds, qu’on fait des reportages sur le développement durable, oui monsieur, tout le voyage en stop… Par cœur le discours. Et là, en arrivant à 23h passées, chez nos hôtes, il faut encore avoir le sourire, encore paraitre en pleine forme et s’accrocher à la discussion qui est intéressante, mais à ce moment on a qu’une envie, aller dormir. Parce que demain, on a rendez-vous dans une entreprise de l’autre côté de la ville, je n’ai pas l’adresse, faut trouver internet demain matin avant d’y aller, on a pas encore eu le temps de préparer l’interview. Bon avant de m’y mettre, je fais la vaisselle.

Tu l’as mis où le dentifrice ? A sa place…

Aller au lit.

Le rendez vous c’est à quelle heure déjà ? Ah oui mais attend on a changé de pays, c’est plus la même heure… Bon ça a l’air facile pour arriver, ya un métro qui passe juste à coté…

Facile, on trouve la rue les doigts dans le nez, euh, on est bien au numéro 27, et ce n’est pas là ? Ah bon il y a deux numéros 27 ? Gracias Señor… Pff… Va savoir pourquoi ?!

Bon ca fait 2 jours qu’on est là, j’en ai un peu marre de passer mon temps sur l’ordi, en plus j’ai toujours pas trouvé un chiffre fiable sur l’analphabétisme au Pérou, c’est que des données d’il y a 20 ans. Bon on va au moins aller grimper sur le mont à coté non ? Doit y avoir une belle vue de là-haut. Tu préfères visiter le parc là-bas ? Et demain, on part pour le Nord à quelle heure, 6h-6h30… ?

Ben non, pas avant 8h parce qu’on doit racheter de l’eau et du PQ et à cette heure-ci tout est fermé… donc faudra y aller demain avant de partir.

S’il y a de belles photos, s’il y a de beaux moments, de fortes émotions, d’incroyables découvertes, lorsqu’on voyage en stop, et qu’on dort chez l’habitant, et qu’on court d’une interview à une autre, il y a aussi la peur, le doute, les décisions à prendre dans la seconde, les risques, la fatigue, l’énervement, le ras-le-bol…

C’est ce qui fait l’aventure, c’est ce qui fait que c’est intéressant mais pas facile. C’est ce qui fait que Béa décolle de Colombie pour rentrer en France et ainsi travailler sur le projet EcoAmerica à distance via internet.

Guillaume continue sur le terrain, à travers l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord.




Apprendre à recevoir pour mieux donner

20022009

Plus difficile qu’apprendre à donner, apprendre à recevoir fut l’une de nos principales leçons de ces 22 000km parcourus à travers le continent sud-américain.

En tant que français nous sommes baignés dans une éducation qui nous veut polis et respectueux.  Polis à un point que nous refusons toujours les offres trop gentilles, trop surprenantes. Au risque de froisser notre interlocuteur. On ne sait jamais il a peut-être de mauvaises intentions ?

Si en France on propose de donner, d’offrir souvent par politesse ou par éducation, en Amérique du Sud, si quelqu’un offre, c’est que ca lui fait vraiment plaisir, et refuser est perçu comme une offense.

A travers la générosité des gens nous avons appris à recevoir, appris à accepter, appris à faire plaisir aux gens via leurs dons, leurs offres. Fort de cette expérience, nous savons mieux donner, offrir à notre tour. Cela décuple le plaisir de partager. Un plaisir qui se perd dans nos sociétés de plus en plus individualistes.

Le voyage permet l’ouverture d’esprit, et la redécouverte de certaines valeurs perdues.







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