Une nuit au poste

27042009

Il y a des jours comme ça on ne comprend pas ce qui se passe. C’est comme un coup monté, une blague, on nous filme. Il y a des jours comme ça où on finit au poste de police. 

Tout cela a commencé un beau matin sur la route avec Guillaume, un ami de Toulouse. Nous nous sommes retrouvés au Guatemala, plus ou moins par hasard. Basés à Antigua où nous passons la semaine sainte en compagnie d’autres couchsurfers, nous nous sauvons 2 jours pour aller voir l’un des plus beau lacs d’Amérique Centrale, le lac Atitlan. Prisonnier des chaines de volcans l’entourant, ce lac attire bon nombre de touristes et de voyageurs. 

A la fraîcheur de l’aube, le sac allégé pour la virée, le pouce en l’air pour avancer, la route nous emporte. 

L’un des véhicules qui va nous emmener sur ce trajet de presque 3h est une voiture de police. Un pick-up plus exactement, qui escorte un supérieur pour une réunion. Par chance, ils s’approchent du lac Atitlan, et nous déposent donc à quelques kilomètres seulement de notre cible.  Dans la voiture, au milieu de la discussion : 

-         « Vous savez s’il est possible de traverser le lac ? » 

-         « Oui, il y a des barques. C’est 10 dollars par personnes. Ils desservent les 2 ou 3 principales petites villes de l’autre côté du lac. » 

-         « Ok, il n’y aurait pas une solution plus économique ? Nous voyageons en stop, notamment car nous n’avons pas de budget pour les transports… » 

-         « Si, nos collègues là bas, ils ont une barque qui leur sert à patrouiller sur le lac. En ce moment en pleine semaine sainte, ils patrouillent tous les jours. S’ils ne sont pas encore partis, vous pouvez leur demander. » 

Un dernier lift et nous arrivons au lac. Grandiose ! Un paysage de carte postale. Nous discutons l’espace du dernier trajet avec un homme qui est dans le pick-up avec nous. Il vient vendre une partie de sa récolte de bananes au marché de Panajachel au bord du lac. Lui aussi se déplace en stop.  Panajachel, tout le monde descend. Nous cherchons le commissariat pour demander à tout hasard. Le voilà ! 

-         « Nous voyageons en stop, réalisons des reportages sur l’environnement, le développement durable, et nous souhaiterions traverser le lac. D’après vos collègues qui nous ont déposés, il parait que vous patrouillez tous les jours en ce moment. » 

-         « Vos papiers ! », nous lance, peu confiant, le collègue de notre interlocutrice… 

-         « Mais non laisse, José, ils sont journalistes. Et Français, en plus ! » 

Nous ré-expliquons la situation, montrons la carte du parcours déjà réalisés jusqu’ici, certains des reportages rédigés sur le chemin, au Brésil, au Chili, etc. Ça y est la confiance est gagnée… 

-         « Veuillez patienter s’il vous plaît. », nous sourit la policière, les yeux pétillants de voir un peu d’animation.

2 minutes. 

-         « Mon collègue peut vous déposer, vous voulez aller où ? » 

-         « A mais vous n’allez pas patrouiller ? » 

-         « Non, mais on peut vous déposer dans une des villes du bord du lac, vous voulez allez où ? » 

10 minutes. 

-         « Bonjour Messieurs, on m’a donné l’ordre de vous déposer quelque part sur le lac, si vous voulez bien me suivre » 

Grand étonnement et joie contenue. Nous embarquons dans le bateau de la police, à quai à côté des barques pour touristes. Regards croisés. Sourire malicieux d’une part, interrogation et jalousie de l’autre. 

-         « Vamos! », lance le policier en larguant les amarres. La traversée du lac durera une vingtaine de minutes. On se relaie avec Guillaume entre l’avant pour faire contrepoids, et l’arrière pour conduire le bateau. Les deux policiers qui nous accompagnent sont sympas, ils nous parlent de leur travail, de leurs activités au quotidien… Une planque, une vraie. 

Bonne escorte en bateau stop
Album : Bonne escorte en bateau stop

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Nous voici à Santiago de Atitlan, de l’autre côté du lac. On apponte. 

-         « Merci beaucoup pour votre aide ! » 

-         « Si jamais vous avez besoin de quoique ce soit, demandez à nos collègues de la police de Santiago ! Que le vaya bien… »  Au programme, visite de la ville, et rando. Nous escaladons le Cerro de Oro à quelques kilomètres de là. En forme d’éléphant, ce petit volcan offre des pentes ardues qu’on grimpe par un sentier très sinueux. Nous ne prendrons pas le sentier. 

-         « Regarde, d’ici jusqu’au sommet, il y a une bonne pente, mais ça doit être jouable de monter tout droit. On le tente ? », lance Guillaume 1.

-         « Je te suis. », assure Guillaume 2. 

Les deux Guillaume s’élancent à travers les champs de mais, les parcelles abandonnées, la poussière, les roches qui dévalent sous nos pieds. Un par un, les mètres défilent sous nos pieds.  Le sommet. Jolie vue sur le lac Atitlan. 

-         « En haut de cet arbre, on doit voir plus loin encore non ? », imagine Guillaume 2.

-         « Je te suis. », répond Guillaume 1.

Hors piste
Album : Hors piste

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Nous rencontrons deux guatémaltèques randonneurs. Bref échange qui se conclura par un ramassage collectif des déchets qui trainent en haut du mont. 1, puis 2, 3, 4 sacs poubelles remplis de déchets. On n’en finit pas. C’est le temps de la redescente. Par le sentier cette fois. Puis retour à Santiago de Atitlan en stop. 

Il est 18h30. Nous allons voir la police pour savoir si ils n’ont pas prévu de sortir avec la barque en direction de Panajachel. On ne sait jamais… 

-         « A cette heure ci on ne sort plus. Attendez, on va voir ce qu’on peut faire. » 

10 minutes. 

-         « Vous allez où ? » 

-         « A Panajachel, on y était ce matin, on doit reprendre la route demain matin de là bas direction Antigua. » 

10 minutes. 

-         « Venez une voiture vous attend. » 

-          « ?? » 

Après avoir obtenu une nouvelle autorisation de supérieurs, on nous propose une voiture de police avec la troupe de policiers qui va avec, armés jusqu’aux dents. 

-         « Buenas noches, installez vous, non non laissez, nos collègues vont monter dans la benne du pick up. Vous pouvez vous asseoir ici, à l’intérieur. Alors comme ça vous êtes français ?» 

Encore un bon moment, les policiers sont sympas, curieux. Nous leur parlons du ramassage de déchet que nous venons d’effectuer. Ca leur parle un peu. La voiture s’arrête. 

-         « Nous sommes déjà arrivés à Panajachel ? » 

-         «  Non, non c’est une autre patrouille qui va vous emmener, jusqu’à la prochaine ville. Nous on retourne à Santiago. On ne sort pas de notre circonscription. » 

-         « ??… (Deux voitures ? Ils font les choses bien !) Muchisimas gracias, que estén bien »  Rebelotte. Bons moments, la nuit tombe. On s’arrête. 

-         « ??… Une troisième voiture ? » 

-         « Si señores ! Et encore nous on ne vous emmène pas jusqu’au bout, il y a un autre véhicule qui va vous déposer à Panajachel » 

Journée en Police-Stop
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Rerebelotte. La dernière voiture est l’escorte du capitaine, en personne, la personne en charge de toute la région. Il a du demandé à venir voir qui étaient ces deux fameux français qui donnaient un prétexte à la police pour sortir de leur routine. On en apprend beaucoup plus sur les enjeux politiques, et les difficultés quotidiennes des brigades de campagne. Intéressant. 

Nous expliquons nos voyages au capitaine, le but de voyager en stop, et trouver l’hébergement chez l’habitant, pour multiplier les échanges avec les locaux tout en réduisant le budget. 

-         « Vous ne sauriez pas où on pourrait trouver 2 m² de sol pour passer la nuit, on n’est pas difficile… » 

-         « Ben, pourquoi vous ne dormez pas au commissariat ? 

Ce n’est pas tous les jours qu’on passe son temps avec la police ! 

 




Semaine Sainte, sacrés moments

27042009

Au Guatemala, la semaine sainte qui s’étend du 6 au 12 avril est très importante pour les locaux dont la religion principale est catholique. Pendant cette semaine, la plupart des pays d’Amérique Centrale sont en vacances. Pour certains, ce moment est plus important que les fêtes de fin d’année.

Des petits villages aux grandes villes, des manifestations sont organisées. Aprés plusieurs jours passés à finir de rédiger une fournée de reportage, je passe la fin de cette semaine à Antigua au Guatemala, une petite ville d’architecture coloniale, assez touristique. Les locaux réalisent sur le sol des tapis de fleurs, de sciure de couleur, de nourriture en l’hommage à Jésus. Ensuite des processions avec orchestres et sorte de chars portés par 100 à 200 personnes défilent jour et nuit, pendant toute la semaine dans les rues principales de la ville en marchant sur ces tapis. Chacun de ces chars représente une étape de la vie de Jésus.

Semaine Sainte
Album : Semaine Sainte

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Ici, cette semaine sainte pour les catholiques et non catholiques est synonyme de festivités, les bars à salsa et autres musiques du monde accueillent les gens une bonne partie de la nuit.

Au Mexique, cette semaine est beaucoup plus « hard », on reproduit l’Histoire au plus juste, jusqu’aux flagellations et parait-il, véritable crucifiction d’humains (volontaires !) …




Guatemala, terre d’aventures

20042009

Au Guatemala, j’escalade le volcan Pacaya, un des volcans de la région encore en activité. En haut, le cratère crache du gaz, des petites pierres, le tout accompagné de bruits plus inquiétants les uns que les autres… La terre vit sous nos pieds, elle respire, elle bouge, elle intimide. On ne compte plus les secousses sismiques presque quotidiennes. La porcelaine vibre dans le meuble de la cuisine où j’écris cet article.

Sur les flans du volcan, on peut observer de la lave rougeoyante et visqueuse s’écouler. Sa température nous garde à distance. Impossible de s’approcher.

A certains endroits, la lave a refroidi et on peut marcher dessus. Dans les interstices, à quelques cm de profondeur, c’est encore rouge. La pierre est donc toujours à une température de plusieurs centaines de degrés. Les semelles de nos chaussures chauffent, ça sens le caoutchouc brûlant. Sympa, le plancher chauffant !

J’en profite alors pour faire griller des marshmallows au dessus de ses nids de chaleur intense. Ca chauffe vite, c’est bon et on ne dépense pas d’énergie supplémentaire !

 

 

Terre vivante et marshmallows grillés
Album : Terre vivante et marshmallows grillés

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Je pars avec quelques Couchsurfers en excursion à la recherche de fraîcheur. Après une heure de route à 8 dans une jeep (le conducteur, le passager avant, 4 personnes sur la banquette arrière et 2 autres dans le coffre…), nous arrivons finalement à destination : un endroit rêvé au milieu de la jungle guatemalatèque pour se baigner dans les chutes d’eau d’un torrent.

7-8 m de haut, une eau à plus de 20°C. Concours de sauts, escalade sur les parois de la chute et ramassage des déchets laissés par d’autres touristes occuperont cette après midi détente.

 

Chute deau, chute de haut
Album : Chute d'eau, chute de haut

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