Relax, take it easy

6072009

Le cul dans le siège, prêt à décoller. J’ai la musique de la radio de l’avion dans les oreilles. Siège 23B. Pas de voisin.

Mon cœur bat la chamade. Ca y est je quitte l’Amérique. Bilan. Le projet EcoAmerica est accompli, j’ai tenu en partie mes objectifs. J’ai appris comme jamais, j’ai le sentiment d’avoir beaucoup muri. J’ai le sentiment d’avoir appris à être heureux, simple et tolérant. Je n’attends rien de la vie, tout arrive naturellement. Pourquoi est-ce si simple pour moi ?

L’hôtesse passe dans le couloir. J’adore parler anglais. Je perds un peu mon espagnol, et mon portugais est mort, mais ce n’est pas grave, ça ne sert à rien de capitaliser des connaissances qui n’ont pas d’utilité dans l’immédiat.
La France est de l’autre côté. 6h de vol, Paris, ma famille m’attend sur le Trocadero. Ca fait 10 mois que je suis parti. Je rentre le jour des 25 ans de mariage de mes parents. Un symbole ? Un hasard ? Je me sens comme un jeune militaire qui revient définitivement de la guerre. Vivant.

Le stress monte dans mes yeux, je sens une stimulation profonde titillée par ma satisfaction d’en être arrivé là. J’ai envie d’exploser. J’ai beaucoup appris sur l’environnement, et le développement durable au sens large. J’ai encore plus appris sur l’humain, sur moi, sur les autres. J’ai parcouru la quasi-totalité du trajet en stop. Je ne suis allé que 3 fois à l’hôtel. Aucune auberge de jeunesse, toujours chez l’habitant au contact vrai de la culture locale. Je suis content de tout ça. J’ai envie de pleurer de joie. J’ai réalisé mon rêve. Mission accomplie. Je suis heureux.

Les gens m’ont tout donné, tout apporté. J’ai été là au bon moment, au bon endroit. La chance m’a souri. Pourquoi ?
L’avion s’aligne sur le tremplin pour l’atlantique. Le bruit des réacteurs devient plus présent, plus turbulent. Il nous fait vibrer. Les gens se crispent au fond de leur siège. Certains ont peur, d’autres supportent l’impatience. J’ai hâte, je n’ai pas envie, je le veux, je ne sais pas où j’en suis. Mes yeux ne retiennent plus les larmes de joie. La radio entretien le rythme de mon émotion, et lui donne régulièrement des coups de fouet. Ma mémoire est gravée de ce moment à jamais.

L’avion commence à s’élancer. Il va de plus en plus vite, j’entends à peine la musique dans mes oreilles alors que mes bras tentent d’arracher les accoudoirs. Toujours plus vite. J’ai peur de ce moment, c’est emblématique. Le train avant quitte le sol. « Relax, take it eeeeaaaaasy » me susurre Mika via les écouteurs. Ca fait tilt dans ma tête. Je souris, je me relaxe. L’avion entre en apesanteur. Aurevoir l’Amérique. A bientôt peut être.




The end of the road

6072009

J’arrive à New-York, destination finale, ultime rendez vous avec l’Unesco, dernière étape, dernier pas, c’est la fin. Et pourtant, je n’ai pas le temps de voir passer l’aventure au complet.

Mon hôte CSing, Kasper, m’initie au dumpster diving. Cette technique lui permet de se procurer sa nourriture dans les poubelles des supermarchés juste après leur fermeture le soir. « En 6 mois, ici à NYC, j’ai dépensé moins de 50 dollars en nourriture » me confie la copine de Kasper.

Dumpster Diving in NY
Album : Dumpster Diving in NY

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Le rendez vous avec l’Unesco m’entraîne dans un monde passionnant, frétillant. Celui des Nations Unies. Badge à l’entrée, des dizaines d’accents différents, des buildings immenses, on montre patte blanche, on vient vous chercher. Le réseau Urbis auquel je m’intéresse pour mon cinquantième et dernier reportage me passionne. Je sors du rendez vous excité par une proposition de travailler avec eux sur un autre grand projet d’envergure. On verra ce que ça donnera.

Dans la foulée je monte au 86ème étage de l’Empire State Building, toit de NYC depuis que les jumelles ont fait à la révérence, contre leur gré, à des ailes venues de l’enfer. « C’est domestique, c’est sûr ! » me confirment bon nombre d’américains qui croient dur comme fer à la théorie du complot interne contre les jumelles. Vue sur NYC, immense sensation de réussite personnelle.

Avec les autres CSers qui séjournent chez Kasper, nous visitons, Little Italy, SoHo, Greenwitch village, le tout Manhattan. Le feu d’artifice du 4 juillet nous émerveille. Ces 5 sites de tirs nous rassasient.

NYC, the end of the road
Album : NYC, the end of the road

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EcoAmerica est fini. Bien fini. Il ne reste plus qu’à rentrer, ce 7 juillet. La France de l’autre côté de l’Atlantique. Paris, la tour Eiffel, les proches, le saucisson, le fromage. J’ai envie de rentrer. C’est juste le bon moment. Ca tombe bien, je n’ai pas le choix de rentrer ni plus tôt, ni plus tard. Je prends les choses comme elles viennent, tout est simplement parfait. A croire que la providence existe.




En phase avec la réalité 2/2

14062009

Pendant ce voyage d’Edmonton à Chicago, j’ai été pris par 18 véhicules et j’ai rencontré et discuté avec 25 personnes en parcourant 3000 km en 3 jours. Un record personnel battu puisqu’en une seule de ces journées, j’ai parcouru 1450 km en stop.

Traversée dOuest en Est de lAmérique
Album : Traversée d'Ouest en Est de l'Amérique

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Cet avion qui aurait pu m’emmener pour ce même trajet a émis 600 kg de CO2 par passager. C’est un vol commercial mis en place pour les voyageurs. Plus il y a de voyageurs, plus il faut d’avions, et donc plus il y a de CO2 relâché dans l’atmosphère.
De mon côté, avec le pouce levé, j’occupe un siège dans un véhicule qui émet aussi du CO2. Pour le même trajet Edmonton-Chicago, par personne, il en émet 150 kg de CO2 également. La différence, est que, avec ou sans moi, le véhicule fait le trajet. Sans moi, ou plutôt sans les touristes qui le remplissent, l’avion ne fait pas le trajet, il ne relâche donc pas de CO2 dans l’atmosphère.
C’est dommage, en prenant cet avion, j’aurai pu économiser 2 jours. J’aurai donc pu visiter plus d’endroits, rencontrer plus de projets, interviewer plus de personnes, apprendre plus de choses. J’aurai été plus performant, plus efficace pour le projet EcoAmerica, plus rentable… plus, plus, plus… Certes.

Seulement, j’aurai aussi relâché du CO2 dans l’atmosphère. Et puis, je n’aurai rencontré que vaguement mon voisin de siège, une hôtesse, un steward pendant le vol. C’est tout. Je continuerai à penser que les Américains sont cons…
Le monde a des limites, nous avons des limites.

On peut voir cela d’une façon pessimiste, contraignante.
On peut aussi considérer ces limites comme une opportunité de changer notre regard sur le monde et les gens qui nous entourent. Considérer et respecter ces limites est une opportunité pour l’humanité de grandir, d’évoluer, de régler des problèmes qu’elle traine depuis des milliers d’années.

En se remettant en phase avec la réalité, les problèmes et les solutions nous sautent aux yeux.

En ne prenant pas cet avion, j’ai perdu l’opportunité de rencontrer peut-être 2 ou 3 autres projets intéressants. Cependant, en ne prenant pas cet avion, j’ai suivi mes limites physiologiques, et les limites physiques de la planète. En ne prenant pas cet avion, j’ai dû trouver une solution alternative : le stop. Via le stop, je me suis aperçu que rencontrer les autres peut être une solution à nos problèmes sociaux, environnementaux et même économiques.




En phase avec la réalité 1/2

13062009

Après 2000 km dans l’Ouest Canadien entre Seattle, Vancouver, Calgary et Edmonton, je prends la route de nouveau vers les Etats Unis, vers le Sud-Est, en direction de Chicago.

Ce sont 5 jours de route qui se présentent, 5 jours de stop.

J’aurais pu parcourir cette distance en avion. Ca m’aurait couté 200 ou 300 dollars et c’était l’affaire de 5 ou 6 heures de vol. J’aurais eu de belles vues sur les plaines du Mississippi pendant le trajet. J’aurais pu avoir une discussion avec mon voisin de siège. J’aurai pu dormir aussi, et déguster un verre offert par une des charmantes hôtesses. J’aurais pu apprécier la puissance du décollage et les frissons de l’atterrissage.

Pourquoi ne l’ai-je pas fait ?

Simplement pour être en phase avec la réalité.

Le continent américain est immense. Les grands espaces méritent bien leur nom. Les routes dans les plaines sont rectilignes et interminables. Dans les montagnes, elles sont sinueuses et interminables. Voyager par la terre permet de se rendre réellement compte des distances, réaliser à quel point le climat, les gens, les accents changent, à quel point nous sommes infiniment petits et insignifiants devant le monde que nous habitons.

Voyager en stop permet d’échanger avec les occupants de la voiture, du camion qui m’emmène. La diversité des gens rencontrés me pousse dans les retranchements de mon ouverture d’esprit. Parfois je monte avec des gens avec qui, a priori, je ne partage rien. Nous n’avons pas la même culture, pas les mêmes préoccupations, pas la même façon de s’exprimer, aucun centre d’intérêt en commun. Parfois, je les trouve simplement cons ou fermés. Seulement, ils m’emmènent. Et je vais bien m’efforcer d’être sympa et agréable avec eux, le temps à passer dans leur véhicule. Alors je m’intéresse à ce qu’ils font, à ce qu’ils pensent, comment ils vivent. Je les questionne, ils me répondent puis me questionnent à leur tour. On va peut être même rire ensemble. Au final, je m’aperçois que ces cons ne sont pas si cons, que ces gens fermés ne sont pas si fermés. Je me rends compte aussi que j’ai peut être été moi-même très fermé de les juger ainsi sans même les connaitre personnellement. Nous sommes juste différents. Nous avons les mêmes besoins et les mêmes souhaits dans la vie. Des besoins et des souhaits qui s’expriment juste différemment…
Evidemment quand on est hébergé chez l’habitant, c’est la même chose, voire plus prononcé. On casse les préjugés et on apprend à vivre avec les autres.

« It takes all kinds to make the world », me dit Lisa, une native américaine, indienne Crow, qui m’emmène sur 300 miles à travers les plaines du Dakota du Sud.

Je n’ai pas pris cet avion pour me rendre compte de ces changements, les apprécier, les endurer aussi. Mon corps et surtout mon esprit, s’adaptent. On passe un fuseau horaire, on change d’état, il n’y a plus que 7h de décalage avec la France. Les plaques d’immatriculation ne sont plus les mêmes. En se rendant compte des différences mais aussi et surtout des similitudes que nous avons avec ces « cons », finalement, on se comprend mieux, et on ne s’insurge pas face à chaque parole avec laquelle on n’est pas d’accord. On prend le temps, on s’intéresse à son interlocuteur. On se questionne soi même. Il a peut être raison ? Tiens c’est marrant, pourquoi voit-il les choses comme ça ? Je repense aux sacrifices humains en Bolivie, à la conception de la religion d’un Mexicain, à un transsexuel guatémaltèque, à un entrepreneur états-uniens…

Toutes les personnes que je rencontre ont leurs raisons de penser comme ils pensent. Les Américains sont parti en Irac, nous ne sommes pas d’accord, ils sont cons ces Américains. Les Français ne nous suivent pas en Irac, ils sont cons ces Français… Les conflits dans le monde viennent peut être simplement d’un manque de communication, d’un manque de rencontre de l’autre, d’un manque d’intérêt dans son rythme de vie, sa façon de penser. Peut être que si nous prenions le temps de nous rencontrer, de nous assoir autour d’une table, prendre un verre ensemble, peut être qu’au lieu de se taper dessus, on apprendrait à vivre ensemble. Peut être qu’aussi nos yeux seraient plus ouverts sur des problèmes communs, sociaux et environnementaux. Comment se fait-il qu’au XXIème siècle avec tous les moyens que nous avons, nous en soyons encore tristement là ?

Ceci est vrai pour l’échelle d’un pays, comme pour celle d’un immeuble.

Mon voisin me tape sur le système avec sa musique toujours trop forte. Pourquoi il râle tout le temps contre ma musique, il ne se rend pas compte du bruit qu’il fait en claquant les portes en pleine nuit ?

Prendre un verre ensemble. Casser l’image de l’inconnu, ca ne peut qu’arranger les choses.




Sin city

29052009

Las Vegas, une ville littéralement sortie de terre, en plein désert, où les contradictions semblent s’être donné rendez-vous. L’entrée d’un casino affiche les mots en lettres capitales et lumineuses : manger, boire et jouer.

-       Ici, les lois sont différentes pour autoriser certaines pratiques illicites ailleurs, m’explique un jeune parieur, un verre à la main, l’autre tenant fébrilement une liasse de billets de 1 dollar.

Dans les rues, entre les casinos et les restaurants, les pharmacies et les magasins d’alimentation, des distributeurs gratuits de catalogues de prostituées ont pris la place des magazines d’annonces immobilières, cependant Las Vegas est aussi la ville où des millions de jeunes couples viennent se marier…

Disney Land pour adultes
Album : Disney Land pour adultes

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Le long du strip et des avenues environnantes illuminées jour et nuit, là où ont été reconstitués, en grandeur presque nature, des chefs d’œuvre de l’architecture mondiale comme la Tour Eiffel, le Colisée ou encore Le Sphinx, des hordes de sans-abri, de tout âge, espèrent encore leur chance. Je passe devant eux comme ces autres millions de parieurs, se délestant de 300 dollars sur une table de bridge comme je laisse 1 dollar dans une des machines à sous pour « gens modestes ».

J’entame la conversation avec un quadragénaire à l’air sympathique.

-       Je viens ici deux ou trois fois par an pour me détendre. J’ai ma cagnotte « pari ».

Une cagnotte constituée de jetons de 100, 200 et 500 dollars. Vertige. Cet homme joue avec plus d’argent qu’il ne m’en faut pour tout mon voyage.

Couvrant un boulevard entier, l’écran le plus long du monde, s’étale en demi cylindre sur 425 mètres de long. Tous les soirs, il projette un bout du rêve américain, de beaux jeunes gens, de l’argent, de belles voitures, des cocktails, des hôtels de luxe… Triste société vivant dans l’illusion.

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Les péchés capitaux ont trouvé leur royaume, là où le grandiose est en éternelle compétition avec l’inutile. En plein désert, à plusieurs centaines de kilomètres de la première forêt, comment peut-on acheminer autant de matériaux, d’eau, de ressources ? Comment peut-on vivre, comment nourrir ces millions de gens ?

 

 




Les grands espaces, encore et encore

28052009

D’une très faible densité humaine comme point commun, parfois humides, parfois couvertes de végétation, parfois sablées, parfois très sèches voire même salées, les étendues d’Amérique du Nord surprennent autant que celles d’Amérique Latine.

Je me débrouille pour mettre le Grand Canyon sur ma route vers l’Ouest. J’arrive sur place assez tard dans l’après midi. Le couple avec qui j’étais me dépose au début du sentier qui descend dans le coeur du canyon. Ils insistent pour m’offrir de l’eau, de la nourriture et une bible ! La nuit arrive, c’est la pleine Lune ce soir, je décide de descendre jusqu’au fleuve Colorado, 1250 m plus bas, avec la lueur du satellite terrestre comme seul guide.

Grand Canyon, descendu de nuit, remonté de jour
Album : Grand Canyon, descendu de nuit, remonté de jour

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Commence alors un parfait moment d’harmonie avec la nature. Je profite des derniers rayons du soleil pour bien avancer et tout en observant toute la palette de couleurs changeant dans les gorges du canyon. Je continue à marcher éclairé des reflets du soleil tout juste couché. La fraîcheur arrive.

La Lune n’est pas encore levée, il fait noir et il y a beaucoup de vent. Comme je suis un peu fatigué, je décide de dormir un peu. Je trouve un coin à l’abri du vent ou je peux m’allonger. Je me réveille 1h30 plus tard, à peine reposé. La Lune est levée. On y voit très bien. Je peux repartir. J’économise mon eau, car j’ai deux litres seulement, et demain je dois remonter jusqu’à « la surface ». Dans les méandres du sentier, il n’y a plus de vent, c’est le silence parfait. Je suis tout seul.

Je vois le fond se rapprocher. J’accumule les heures de marche. La Lune n’est pas loin du zénith, on se croirait presque en plein jour.

Après ma sieste et 5h de marche, il 2h du matin, voici le Colorado. J’entends des gens parler. Je traverse le pont pour passer de l’autre côté du fleuve. Une plage de sable fin borde l’eau qui clapote là où les vaguelettes meurent. Un groupe de jeunes. J’entends des rires.

Je m’approche d’eux, et je jette mon sac à dos par terre en les saluant. Une charmante demoiselle cours vers moi, encore toute mouillée de sa baignade dans le fleuve. « Tu viens d’où ? Pourquoi tu arrives à cette heure là ? Tu veux boire une bière avec nous ? »

« T’es pas aller jusqu’au fond du Grand Canyon tant que tu t’es pas baigné dans le Colorado » me lance Mike avec une voix rocailleuse.

Ils sont 6, l’un d’eux joue de la guitare, entièrement nu le tout en chantant. Sa voix raisonne entre les falaises du Canyon. Après un plongeon dans le Colorado glacé, je sors mon harmonica. J’accompagne alors ce nudiste guitariste sur des morceaux de musique country.

La Lune arrive enfin au zénith, on peut la voir directement au dessus des montagnes. En dépassant une falaise qui la cachait jusque là, elle nous éclaire de sa froide clarté. On arrête de jouer, tout le monde applaudit.

Apaisés et imbibés de bière, nous regardons l’astre nous illuminer. Le monde est à nous.

Entre les Rocheuses dans l’Oregon, les paysages de Western en Arizona, les dunes dorées de Californie, le silence règne, la nature domine, l’homme apprécie.

Vertige des grands espaces
Album : Vertige des grands espaces

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Les clichés, une certaine réalité

28052009

Des voitures énormes, des hamburgers à tous les coins de rue, le surpoids qui devient la norme, la consommation à outrance, les banlieues qui n’en finissent plus, des gens peu conscients de l’environnement, très fermés… tout est là.

Attention un cliché peut en cacher un autre
Album : Attention un cliché peut en cacher un autre

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La réalité n’est pas si uniforme. Heureusement.

Au gré du chemin, je rencontre des gens très ouverts, très généreux, curieux. Beaucoup font de grands détours pour me déposer au bon endroit dans ces grandes villes étalées sur des dizaines voire centaines de km. Certaines personnes se coupent en 4 pour m’aider. Voyant que je pourrais en avoir besoin, on m’offre un téléphone portable et un appareil photo !

Je trouve facilement des produits biologiques, de nombreuses entreprises travaillent avec beaucoup d’énergie autour de la responsabilité sociale et du respect de l’environnement.

Je passe dans des petits villages authentiques, amicaux où on peut trouver des gens sveltes dans des petites voitures ! …

Attention donc aux clichés ou préjugés.

Tous les Français ne sont pas romantiques, les Italiens mangent d’autres choses que des pâtes et des pizzas et les Colombiens ne déjeunent pas tous à la cocaïne !




Du Mexique vers les Etats Unis – Choc culturel

28052009

Il me faut trois jours de route à travers le Mexique, pour rejoindre les Etats-Unis. Ils seront très agréables et aventuresques. Pendant ces trois jours, je me retrouve à annoncer l’arrivée des fruits et légumes au micro de la camionette d’un petit producteur, je passe une nuit avec un routier, sur la même couchette que lui, au milieu de ses ronflements, je conduis un poids lourd sur 20 km (son chauffeur m’installe au volant alors que le camion est lancé à 90 km/h), on m’invite plusieurs fois à manger, aller boire un verre, je passe une nuit au centre de la croix rouge… J’apprécie donc pleinement de la générosité et l’amabilité des Mexicains qu’on trouve à tous les coins de rue.

Mexique ou Amérique Latine, que du bonheur
Album : Mexique ou Amérique Latine, que du bonheur

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J’approche la frontière. Je suis surexcité à l’idée d’entrer aux Etats-Unis. Je vais enfin pouvoir me faire mon idée sur les gens, leur politique, la guerre en Irac… J’attends une réponse à beaucoup de questions.

Malgré le contexte de la grippe A et les problèmes d’immigration que subissent les Etats-Unis, la frontière Mexique-EU est l’une des plus facile que j’ai passée au cours de ce voyage. Je n’ai été fouillé que par les ondes du portail de surveillance !

De l’autre côté, le rêve américain. Je trouve un endroit parfait pour faire du stop. Quand il n’y a pas de voiture je chante, je danse sur le bord de la route. Je joue de l’harmonica. Être aux Etats-Unis m’enchante. En sortant du Mexique, c’est toute la page Amérique Latine qui se tourne. A moi un nouveau monde, celui de l’Amérique du Nord anglophone. Changement de langue, changement de culture, changement de rythme de vie.

J’attends. Les gens ne s’arrêtent pas, ils ne me regardent même pas. J’attends. Je chante moins fort.

Je m’approche des voitures qui freinent à l’intersection toute proche. Je fais signe que je veux simplement leur poser une question. Toutes les voitures passent sans s’arrêter, on dirait qu’ils ont peur.

J’arrête de chanter. Ca commence à m’énerver… Il faut changer de stratégie, s’adapter aux gens. J’attends qu’une voiture à la fenêtre ouverte passe pour l’interpeler. Le mec, sympa, m’emmène jusqu’à une station essence. J’arrive à trouver un autre véhicule pour rejoindre Tucson et puis Phoenix au coeur du désert de l’Arizona. Arrivé la bas, c’est stérile. Personne dans la rue, le flot de voiture, de 4*4 munis de parre-bufle urbain, est continu.

Je ne sais pas où je suis, je voudrais juste demander mon chemin. Au feu rouge, personne ne me répond. Les gens ferment leur fenêtre quand ils me voient arriver avec mon sac à dos et mon atlas de la route. Je me sens désarmé et révolté. Pourquoi ne veulent-ils même pas me parler ? Je me sens perdu, beaucoup plus que quand j’étais malade sur l’altiplano, ou en bordure de favela au Brésil. Ici je ne sais pas quoi faire, ni où aller.

Les rares personnes qui acceptent d’échanger quelques mots avec moi, sans s’arrêter de marcher, le temps que leurs pas pressé les emporte hors de portée de voix me souhaitent bon courage du fond du coeur. Ils ne s’arrêtent pas pour parler, ils sont pressés.

Je tombe enfin sur quelqu’un de patient et généreux qui me dépose au centre ville.

Je rêvais dun autre monde...
Album : Je rêvais d'un autre monde...

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Plusieurs jours plus tard, je reprend la route. Quelque chose se dessine au fur et à mesure des rencontres. Les gens sont soit impossibles à approcher, grognon ou poli à l’extrême, soit adorables, ouverts et curieux ! Le problème est que ce deuxième type de personne est aussi rare qu’il généreux.

J’évolue donc dans ce pays, débordant d’individualisme et taché de générosité essayant de comprendre et de m’adapter à cette population dont chaque individu ou presque est incroyablement concentré sur lui même.

Bienvenu aux Etats-Unis !







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