Passer le Darien, passer en Amérique Centrale

6032009

Le Darien est la zone frontalière entre la Colombie et le Panama. Les restes de la guerilla colombienne occupent une partie de cette région, un couloir de 150 km de large qui unit les Amériques. Il n’y a pas de route en partie car le Panamá ne souhaite pas faciliter la communication avec la Colombie pour éviter la progression de la guerilla et des maladies (bétail, végétaux etc.).

Je m’essaie au bateau stop. Dans le port de plaisanciers de Cartagena, il y a de la concurrence. On est en pleine période de Carnaval en Colombie et au Panamá, donc de nombreux jeunes voyagent d’un pays à l’autre. Les marins ayant un bateau en profitent pour offrir à ces back-packers de traverser sur leur bateau pour 350$ tout compris (papiers d’immigration remplis, nourriture, alcool et même cocaïne… Un autre monde…). Ne pouvant pas me permettre de rester 2 semaines pour espérer trouver un bateau qui ne fait pas payer, je m’approche de la frontière en stop puis en barque, et encore en barque encore plus petite. Je passe la frontière en arrivant dans un village qui vit du passage des voyageurs. Un village qui ne se rejoint qu’en barque ou en petit avion. Il n’y a pas de route pour le relier aux autres villes du pays.

Là, je prendrai un de ces petits avions direction la ville de Panamá, la capitale du Panamá. La compagnie compense ses émissions de gaz à effet de serre. Bilan carbone nul donc.

Voler à bilan 0
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La piste d’atterrissage/décollage est faite d’un béton tout effrité, située en plein milieu du village de Puerto Obaldia. D’un bout de cette piste de 200m de long, la mer, de l’autre bout, la montagne. Le pilote n’a pas le droit à l’erreur. On décolle en frôlant les vagues et 45 minutes de vol nous emmènent vers 2h de vérification aux douanes. Lorsqu’on vient de Colombie, la paranoïa suit.

J’arrive à Panamá city, je passe le Pont des Amériques sur le fameux canal de Panamá, symbole de l’arrivée en Amérique Centrale. Un autre continent s’offre à moi.




Voyager n’est pas de tout repos, Béa rentre en France

6032009

Sortir d’une voiture en saluant le conducteur, sympa de nous avoir payé le repas …

Il fait chaud, le sac est lourd et les vêtements collent. 17h, la nuit arrive, il faut rapidement trouver quelqu’un pour nous emmener jusqu’à la prochaine ville où normalement on peut nous accueillir.

On marche, le pouce en l’air, en se retournant à chaque fois qu’on entend un bruit de moteur. Non toujours pas. Le prochain peut être ?

Pourquoi il ne s’arrête pas !? Il est tout seul dans son gros pick up qui pollue. Il a peur qu’on le mange ou quoi !

Guillaume, calme-toi, c’est son choix.

Là-bas, le mec m’a dit qu’il y a une station essence plus loin, on y trouvera facilement un camion.

Après plusieurs km à l’arrière d’un pick up, ou serré avec les sacs sur les genoux, on arrive tard, en plein centre ville, plusieurs millions d’habitants, des quartiers dangereux à éviter, on a une adresse, pas de numéro de téléphone.

J’espère qu’il ne dort pas encore.

Tu sais où on est ? Les taxis sont chers, faut y aller en bus. Monsieur, s’il vous plait, pour aller dans tel quartier, quelle ligne de bus peut nous y emmener ?

Il faut demander à 4 personnes pour croiser les informations et être sûr de s’engager dans la bonne direction. Les gens donnent parfois une indication sans savoir. On trouve le bus, on arrive dans le quartier, on marche. Encore. C’est obscure et pas toujours sûr. On arrive dans la rue. C’est quoi le numéro déjà ? Attends, je l’ai pas là, c’est dans ma pochette. Continue de marcher, ya un mec bizarre là bas.

C’est le n°25-32… ?? P**** comment ca marche ?! Pourquoi ya deux numéros ? T’as compris pourquoi ? Tu m’écoutes quand je te parle ? Pardon je suis fatigué, aller on avance.

Ca y est voila le numéro. Le portier nous retient, il appelle notre couchsurfer, lequel fini par descendre avec un grand sourire et les bras ouverts. Bonjour mes amis, je vous attendais. Ouf, ca fait plaisir un tel accueil, on va pouvoir dormir à l’abri cette nuit.

On fait le tour de son appart, sa famille est sympa. On a une chambre pour nous. Super. On parle, c’est crevant à force de parler toujours une langue différente, à longueur de journée, répéter qu’on est français et pas américain malgré mes cheveux blonds, qu’on fait des reportages sur le développement durable, oui monsieur, tout le voyage en stop… Par cœur le discours. Et là, en arrivant à 23h passées, chez nos hôtes, il faut encore avoir le sourire, encore paraitre en pleine forme et s’accrocher à la discussion qui est intéressante, mais à ce moment on a qu’une envie, aller dormir. Parce que demain, on a rendez-vous dans une entreprise de l’autre côté de la ville, je n’ai pas l’adresse, faut trouver internet demain matin avant d’y aller, on a pas encore eu le temps de préparer l’interview. Bon avant de m’y mettre, je fais la vaisselle.

Tu l’as mis où le dentifrice ? A sa place…

Aller au lit.

Le rendez vous c’est à quelle heure déjà ? Ah oui mais attend on a changé de pays, c’est plus la même heure… Bon ça a l’air facile pour arriver, ya un métro qui passe juste à coté…

Facile, on trouve la rue les doigts dans le nez, euh, on est bien au numéro 27, et ce n’est pas là ? Ah bon il y a deux numéros 27 ? Gracias Señor… Pff… Va savoir pourquoi ?!

Bon ca fait 2 jours qu’on est là, j’en ai un peu marre de passer mon temps sur l’ordi, en plus j’ai toujours pas trouvé un chiffre fiable sur l’analphabétisme au Pérou, c’est que des données d’il y a 20 ans. Bon on va au moins aller grimper sur le mont à coté non ? Doit y avoir une belle vue de là-haut. Tu préfères visiter le parc là-bas ? Et demain, on part pour le Nord à quelle heure, 6h-6h30… ?

Ben non, pas avant 8h parce qu’on doit racheter de l’eau et du PQ et à cette heure-ci tout est fermé… donc faudra y aller demain avant de partir.

S’il y a de belles photos, s’il y a de beaux moments, de fortes émotions, d’incroyables découvertes, lorsqu’on voyage en stop, et qu’on dort chez l’habitant, et qu’on court d’une interview à une autre, il y a aussi la peur, le doute, les décisions à prendre dans la seconde, les risques, la fatigue, l’énervement, le ras-le-bol…

C’est ce qui fait l’aventure, c’est ce qui fait que c’est intéressant mais pas facile. C’est ce qui fait que Béa décolle de Colombie pour rentrer en France et ainsi travailler sur le projet EcoAmerica à distance via internet.

Guillaume continue sur le terrain, à travers l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord.




Caraïbes colombiennes, cliché cocotier, triste réalité

20022009

Après quelques jours à Cartagena, l’une des plus belles villes d’Amérique du Sud, mondialement connue pour l’architecture coloniale de son centre historique bien préservée, 2 jours au milieu de la carte postale, 2 jours au milieu de l’écran windows, 2 jours au bord de la plage de Playa Blanca, sur l’île proche de Cartagena. Mer bleue turquoise, coraux, poissons, langoustes et crevettes au menu, les pieds dans le sable, sous les cocotiers. Le lieu n’est pas très touristique, il faut prendre un bus, puis une barque, et encore une moto pour y arriver.

Cartagena, merveille colombienne
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Dans ce paradis terrestre, on loue un hamac ou on plante sa tente, il n’y a ni eau courante, ni électricité, encore moins internet.

Carte postale, mais...
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La carte postale perd de son charme quand on apprend qu’il n’y a pas non plus de système de ramassage des déchets. Les habitants les plus consciencieux des problèmes de pollution brûlent leurs déchets derrière leurs paillotes, pour les autres, le vent s’occupe de les disperser dans l’île.

Il y a une dizaine d’année, les pêcheurs ont découvert qu’utiliser de la dynamite pour pêcher peut s’avérer très efficace. Effectivement ils tuent les poissons à coup sûr, par bancs entiers, ils atteignent aussi les coraux et autres poissons, ainsi que les plus petits qui ne pourront pas se reproduire. Au-delà des dégâts sur la biodiversité, il arrive de nombreux accidents aux pêcheurs, certains perdent un bras, d’autres, la vue, etc. Et ils continuent à utiliser la dynamite. « Il n’y a pas d’autres options. »

Autre fléau, le tourisme de masse arrive, la construction d’hôtel 5 étoiles est déjà en cours. Les locaux sont donc expropriés, leurs constructions sont détruites, et le béton, les locations de jet ski, les bateaux à moteur (bruit, pollution) s’installent peu à peu dans ce coin de paradis encore complètement vierge il y a 20 ans.

Les locaux le résument souvent ainsi : l’homme arrive avec les problèmes.




Apprendre à recevoir pour mieux donner

20022009

Plus difficile qu’apprendre à donner, apprendre à recevoir fut l’une de nos principales leçons de ces 22 000km parcourus à travers le continent sud-américain.

En tant que français nous sommes baignés dans une éducation qui nous veut polis et respectueux.  Polis à un point que nous refusons toujours les offres trop gentilles, trop surprenantes. Au risque de froisser notre interlocuteur. On ne sait jamais il a peut-être de mauvaises intentions ?

Si en France on propose de donner, d’offrir souvent par politesse ou par éducation, en Amérique du Sud, si quelqu’un offre, c’est que ca lui fait vraiment plaisir, et refuser est perçu comme une offense.

A travers la générosité des gens nous avons appris à recevoir, appris à accepter, appris à faire plaisir aux gens via leurs dons, leurs offres. Fort de cette expérience, nous savons mieux donner, offrir à notre tour. Cela décuple le plaisir de partager. Un plaisir qui se perd dans nos sociétés de plus en plus individualistes.

Le voyage permet l’ouverture d’esprit, et la redécouverte de certaines valeurs perdues.




Suivre le troupeau, pourquoi ?

20022009

EcoAmerica a donné sa première conférence dans l’université de la Sabana à Bogota, la capitale de la Colombie.

Cette conférence devant une quarantaine d’étudiants en master d’administration a été suivie d’un cours sur le rêve, dont le thème de la séance était, aller contre le courant. Un cours tenu par Carlos Bernal du ZERI Amérique Latine, sur la base des travaux de Gunter Paoli, président du ZERI.

Suivre le troupeau
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Une autre façon de voir l’éducation, une autre façon de voir le monde. Une façon qui plait aux étudiants. Apprendre à penser par soi-même, plutôt qu’apprendre à apprendre.

Aller contre le courant, se remettre en question est peut être la solution ?




Colombie est passion, Colombie est terre d’accueil

20022009

Il existe un pays quelque part dans le monde, où les gens ne dévisagent pas, où on est accueilli en ami, où on s’occupe de votre confort, où on s’assure qu’il ne vous manque rien, que vous allez pouvoir gouter à tous les plats typiques et sans que vous n’ayez quoique ce soit à payer. Pas question de protester.

Ce pays existe, il s’appelle Colombie.

Loin de l’information des médias français et internationaux focalisés sur le narcotrafic, ce pays est agréable à vivre, ouvert sur le monde, et plus que tout, ce pays n’est plus aussi dangereux.

Les routes autrefois maitrisées par la guérilla sont maintenant sûres, protégées par l’armée.

Les villes retrouvent une bouffée d’air frais face à la délinquance commune grâce à une police présente, souriante, qui aide les personnes âgées ou mal voyante à traverser, ou encore joue de la musique dans la rue.

Les forces de l’ordre sont appréciées de la population et une relation amicale existe entre eux. Aux  barrages routiers qu’on passe tous les 50 km, on klaxonne les soldats pour les saluer même sans les connaitre, voire on s’arrête pour discuter avec eux en prenant un tinto (café colombien).

Nous découvrons un pays aux plats divers et variés, aux climats et reliefs tout aussi riches, un pays dont la population nous accueille les bras ouverts (ce n’est pas qu’une expression), un pays où il fait bon vivre. Les associations de quartiers sont actives, le réseau de transport en commun de Bogota se développe de plus en plus, les promenades aux alentours des villes sont sûres et agréables, etc.

Colombie Passion
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Si la guérilla et les para militaires ont fait beaucoup de dégâts, ont séquestrés et tués beaucoup de personnes, grâce au travail du président Uribe, ceci fait maintenant parti du passé. Il reste quelques actes de violences, cependant ils sont reclus dans la forêt amazonienne ou dans les montagnes, loin des grands axes de communication ou des points phares touristiques. La Colombie s’ouvre au tourisme, et souhaite faire découvrir sa culture qui n’est pas faite que de cocaïne et de guérilleros assoiffés de sang et de dollars.

Comme l’affirme le slogan touristique, « la Colombie est passion, le plus grand risque est que tu veuilles y rester… ».

C’est un pays à vivre de l’intérieur, sans préjugés.







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