Privilégié de l’humanité

7 06 2009

Je profite d’être à Edmonton pour participer à un forum international sur la Nature Urbaine (Urban Nature Forum, en introduction du World Congress by ICLEI). 23 pays sont représentés, 60-70 personnes venues des 5 continents sont là pour débattre sur comment gérer la biodiversité en ville.

Echange d’expériences, échange de contacts, échange d’idées. Echange.

Urban Nature Forum
Album : Urban Nature Forum

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Beaucoup de ces personnes se connaissent. J’ai l’impression d’entrer dans une grande famille, celle de ceux qui verdissent les villes. Chacun expose ce qui a été entrepris dans sa ville. Entre autres, New-York, Cape Town, Nagoya, Amsterdam, Montréal, Sao Paulo, Canberra, etc. Le monde déborde d’idées, d’expériences. Pas de brevet, d’appropriation, de certificat. On est là pour échanger, pour donner et recevoir des conseils. Certains pensent technique, d’autres pensent gouvernance. Les regards sur la biodiversité se croisent, des étincelles restent dans la botte de foin mentale de chacun d’entre nous, en fonction de ce que nous étions venus chercher. Beaucoup repartent en feu. Il n’y a pas de conflit dans ce forum, pourtant, les mondes occidentaux capitalistes sont représentés, certains pays africains très pauvres sont là, des gens d’Israël, des personnes aux confessions musulmanes, chrétiennes, bouddhistes, se parlent, échangent un repas, suivent la même conférence.

Nous passons au dessus de nos difficultés à parler la même langue. Si l’anglais est la langue utilisée par tous, on entend parler Japonais, Français, Allemand, etc. Les accents des australiens, des sud-africains, des états-uniens, ceux des anglophones non natifs sont différents, on en plaisante. On rit. Nous passons au dessus des difficultés de sommeil dues au décalage horaire imposés par les avions. En pleine conférence, alors qu’il est 15h à Edmonton, pour les Européens, il est 23h, pour les Australiens, il est 5h du matin.

Au cours des repas, les participants au congrès mangent ensemble. Autour de table de 7-8 personnes placées aléatoirement, chacun y va de ses anecdotes personnelles, professionnelles. Je me retrouve après un de ces repas riches en rires, à danser, moi français, blond aux yeux bleus, avec Godfrey, un maire kenyan de 50-55 ans à la peau très noire sur des airs de musique country canadienne joué par 3 hommes, certainement immigrants, d’Autriche, de Pologne peut être. « Next time, when you come to my country, I’ll show you how we dance over there », m’invite Godfrey.

Le monde ne fait plus qu’un.

Les gens font face à leur timidité puis commencent de plus en plus à se parler, à plaisanter. Nous prenons plusieurs fois le bus pour aller visiter des zones de la ville, améliorées en termes de biodiversité. Le bus est plus bruyant qu’un car scolaire. Les enfants du monde vivent un instant ensemble. Les continents se parlent. Ces moments sont remplis d’énergie, d’excitation et d’espoir. Il suffit de se parler, il suffit d’aller voir l’autre, de s’intéresser à ce qu’il fait pour se rendre compte qu’il n’est pas si différent de soi. « Dans ma ville à Singapour, nous avons un hôpital psychiatrique qui aide les personnes en difficulté à retrouverle calme en eux, grâce à la biodiversité. Ils passent 1 semaines dans un immense vivarium, rempli de papillons. »

Un dénominateur commun réunis toutes ces personnes avec qui je me retrouve dans ce congrès. Nous avons tous eu la chance de recevoir une instruction et une éducation nous permettant d’être suffisamment curieux pour ouvrir nos yeux vers d’autres cultures et vouloir aller voir ce qu’il y a de l’autre côté de l’horizon. Cela nous rend aptes à surpasser les différences culturelles et à retenir le bon de ces différences. D’où l’intérêt de l’accès à l’éducation, à l’information. Ces deux accès sont malheureusement encore rarement bien faits, même dans les pays dits « libres et développés ». Toutes les personnes présentes ne sont pas comme des immigrés qui prennent la couleur du pays d’adoption, nous sommes tous des citoyens de notre pays respectif, et vivons encore dans ce même pays. Nous sommes donc encore plus authentiques et marqués par notre culture. Ça rend ce moment unique pour moi.

Il y a 100 ans, ce n’était pas possible de prendre l’avion et de réunir tant de personnes d’horizons si différents au même endroit au même moment. Dans 100 ans, il est probable que nous ne soyons plus en mesure de voyager aussi facilement (rareté du pétrole, besoin de vivre localement pour des raisons sociales et environnementales, insécurité croissante etc.).

J’ai l’impression d’être un privilégié de l’humanité qui a pu rencontrer ses frères.

Dans ce forum, je réalise l’importance d’échanger à cet échelon mondial. L’avion est nécessaire certes, il pollue, c’est sûr. Mais c’est un moyen qui permet de se rencontrer, d’échanger, de comprendre les difficultés des autres tout en s’inspirant de leurs réussites sans les jalouser.

Dans ce forum, festin de bonnes idées, je déguste l’espoir à l’état mondial, croquant et frais.


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