Coup de pouce au Honduras

30032009

Sur un bord de route où l’on vient de me laisser, un policier m’offre un soda.

-       Et oui, c’est comme ça que ça fonctionne aux États-Unis et en Europe, assure l’homme armé à un gars qui attend que le temps passe, assis à la terrasse d’un petit commerce de bord de route.

-       Chez moi, les gens ne sont pas curieux comme vous, ajouté-je. Ils ont souvent peur de ce qui pourrait se passer.

-       Oui mais c’est normal d’avoir peur, vous êtes riches, vous avez plein d’argent, se défend l’agent, persistant à croire que la vie est plus simple en Occident. Combien gagne quelqu’un de simple comme moi ?

-       1000 euros, donc 1300 dollars par mois environ.

Il se met à ricaner, satisfait de me faire avouer que nous sommes riches :

-       Ah ! Tu vois, c’est une fortune ! me taquine-t-il.

-       Oui mais, le logement coûte minimum 500 euros pour une famille de quatre personnes et la nourriture, 100 à 150 euros par personnes, ensuite il faut encore compter les assurances, un véhicule pour aller au travail. Donc tu ne peux pas vivre avec 1000 euros par mois.

Le policier et notre opposant restent bouche bée.

-       Ben, on est bien ici alors ! ricanent-ils en cœur.

Il recommande trois sodas afin de mieux faire connaissance sous le soleil de plomb.




La Terre vue du ciel… en Avion-Stop

17032009

Le stop donne des ailes.

Un trentième reportage de EcoAmerica sur Nature Air, la première compagnie aérienne au monde à compenser ses émissions de carbone et organiser des programmes sociaux de développement.

Un de leurs avions part de San-José, la capitale du Costa Rica, direction Liberia, à la frontière avec le Nicaragua, plus au Nord-Ouest.

Une place libre dans cet avion. Un français qui voyage en stop en direction du Nord-Ouest, pour rencontrer d’autres entreprises responsables. Combinaison gagnante !

Le stop donne des ailes
Album : Le stop donne des ailes

15 images
Voir l'album

J’occuperai ce siège pendant la petite heure de survol du Costa Rica avec des paysages magnifiques sous les pieds comme à l’horizon. Des volcans, des champs de toutes les couleurs, la côte pacifique, des lacs, un tout qui formera un beau souvenir de plus dans la mémoire…

Retour au sol
Album : Retour au sol

2 images
Voir l'album

La route continue de façon plus « classique » en camion-stop et pick-up-stop à travers le Nicaragua…




Entrainement de rugby au Costa Rica … en Ligue 1 !

17032009

A côté de San José, la capitale costa-ricienne, j’ai été accueilli plusieurs jours par un couple, lui, Jean Baptiste, français, elle, Natalia, costaricienne-canadienne. En plus de m’héberger, ils m’ont beaucoup aidé dans la recherche de projets à rencontrer et les interviews. Jean-Baptiste, m’a accompagné à la totalité de mes rendez vous, préparant les questions avec moi, questionnant ensuite les porteurs de projets etc.

Un soir, dans le bus qui nous ramène à la maison, on discute, en français naturellement. Au bout d’une demie heure, quand le thème du rugby fait son entrée dans notre discussion, l’homme assis devant nous se retourne pour nous dire : « J’ai pas voulu être indiscret, au début quand j’ai entendu que vous étiez français, mais maintenant que vous parler de rugby, je ne peux plus m’empêcher, je participe à la discussion ! »

Nous venions de tomber sur le fondateur de la Fédération de Rugby du Costa Rica. Autour de la bière qui suivra dans un bar non loin de là, Joseph de son prénom, nous invitera à venir jouer à l’entrainement du dimanche suivant. L’entrainement de l’une des 4 équipes du Costa Rica.

Le niveau n’est pas extraordinaire, mais on se fait plaisir, c’est l’essentiel. Et puis on n’a pas tous les jours l’occasion de jouer en Ligue 1 !

 




Passer le Darien, passer en Amérique Centrale

6032009

Le Darien est la zone frontalière entre la Colombie et le Panama. Les restes de la guerilla colombienne occupent une partie de cette région, un couloir de 150 km de large qui unit les Amériques. Il n’y a pas de route en partie car le Panamá ne souhaite pas faciliter la communication avec la Colombie pour éviter la progression de la guerilla et des maladies (bétail, végétaux etc.).

Je m’essaie au bateau stop. Dans le port de plaisanciers de Cartagena, il y a de la concurrence. On est en pleine période de Carnaval en Colombie et au Panamá, donc de nombreux jeunes voyagent d’un pays à l’autre. Les marins ayant un bateau en profitent pour offrir à ces back-packers de traverser sur leur bateau pour 350$ tout compris (papiers d’immigration remplis, nourriture, alcool et même cocaïne… Un autre monde…). Ne pouvant pas me permettre de rester 2 semaines pour espérer trouver un bateau qui ne fait pas payer, je m’approche de la frontière en stop puis en barque, et encore en barque encore plus petite. Je passe la frontière en arrivant dans un village qui vit du passage des voyageurs. Un village qui ne se rejoint qu’en barque ou en petit avion. Il n’y a pas de route pour le relier aux autres villes du pays.

Là, je prendrai un de ces petits avions direction la ville de Panamá, la capitale du Panamá. La compagnie compense ses émissions de gaz à effet de serre. Bilan carbone nul donc.

Voler à bilan 0
Album : Voler à bilan 0

5 images
Voir l'album

La piste d’atterrissage/décollage est faite d’un béton tout effrité, située en plein milieu du village de Puerto Obaldia. D’un bout de cette piste de 200m de long, la mer, de l’autre bout, la montagne. Le pilote n’a pas le droit à l’erreur. On décolle en frôlant les vagues et 45 minutes de vol nous emmènent vers 2h de vérification aux douanes. Lorsqu’on vient de Colombie, la paranoïa suit.

J’arrive à Panamá city, je passe le Pont des Amériques sur le fameux canal de Panamá, symbole de l’arrivée en Amérique Centrale. Un autre continent s’offre à moi.




Voyager n’est pas de tout repos, Béa rentre en France

6032009

Sortir d’une voiture en saluant le conducteur, sympa de nous avoir payé le repas …

Il fait chaud, le sac est lourd et les vêtements collent. 17h, la nuit arrive, il faut rapidement trouver quelqu’un pour nous emmener jusqu’à la prochaine ville où normalement on peut nous accueillir.

On marche, le pouce en l’air, en se retournant à chaque fois qu’on entend un bruit de moteur. Non toujours pas. Le prochain peut être ?

Pourquoi il ne s’arrête pas !? Il est tout seul dans son gros pick up qui pollue. Il a peur qu’on le mange ou quoi !

Guillaume, calme-toi, c’est son choix.

Là-bas, le mec m’a dit qu’il y a une station essence plus loin, on y trouvera facilement un camion.

Après plusieurs km à l’arrière d’un pick up, ou serré avec les sacs sur les genoux, on arrive tard, en plein centre ville, plusieurs millions d’habitants, des quartiers dangereux à éviter, on a une adresse, pas de numéro de téléphone.

J’espère qu’il ne dort pas encore.

Tu sais où on est ? Les taxis sont chers, faut y aller en bus. Monsieur, s’il vous plait, pour aller dans tel quartier, quelle ligne de bus peut nous y emmener ?

Il faut demander à 4 personnes pour croiser les informations et être sûr de s’engager dans la bonne direction. Les gens donnent parfois une indication sans savoir. On trouve le bus, on arrive dans le quartier, on marche. Encore. C’est obscure et pas toujours sûr. On arrive dans la rue. C’est quoi le numéro déjà ? Attends, je l’ai pas là, c’est dans ma pochette. Continue de marcher, ya un mec bizarre là bas.

C’est le n°25-32… ?? P**** comment ca marche ?! Pourquoi ya deux numéros ? T’as compris pourquoi ? Tu m’écoutes quand je te parle ? Pardon je suis fatigué, aller on avance.

Ca y est voila le numéro. Le portier nous retient, il appelle notre couchsurfer, lequel fini par descendre avec un grand sourire et les bras ouverts. Bonjour mes amis, je vous attendais. Ouf, ca fait plaisir un tel accueil, on va pouvoir dormir à l’abri cette nuit.

On fait le tour de son appart, sa famille est sympa. On a une chambre pour nous. Super. On parle, c’est crevant à force de parler toujours une langue différente, à longueur de journée, répéter qu’on est français et pas américain malgré mes cheveux blonds, qu’on fait des reportages sur le développement durable, oui monsieur, tout le voyage en stop… Par cœur le discours. Et là, en arrivant à 23h passées, chez nos hôtes, il faut encore avoir le sourire, encore paraitre en pleine forme et s’accrocher à la discussion qui est intéressante, mais à ce moment on a qu’une envie, aller dormir. Parce que demain, on a rendez-vous dans une entreprise de l’autre côté de la ville, je n’ai pas l’adresse, faut trouver internet demain matin avant d’y aller, on a pas encore eu le temps de préparer l’interview. Bon avant de m’y mettre, je fais la vaisselle.

Tu l’as mis où le dentifrice ? A sa place…

Aller au lit.

Le rendez vous c’est à quelle heure déjà ? Ah oui mais attend on a changé de pays, c’est plus la même heure… Bon ça a l’air facile pour arriver, ya un métro qui passe juste à coté…

Facile, on trouve la rue les doigts dans le nez, euh, on est bien au numéro 27, et ce n’est pas là ? Ah bon il y a deux numéros 27 ? Gracias Señor… Pff… Va savoir pourquoi ?!

Bon ca fait 2 jours qu’on est là, j’en ai un peu marre de passer mon temps sur l’ordi, en plus j’ai toujours pas trouvé un chiffre fiable sur l’analphabétisme au Pérou, c’est que des données d’il y a 20 ans. Bon on va au moins aller grimper sur le mont à coté non ? Doit y avoir une belle vue de là-haut. Tu préfères visiter le parc là-bas ? Et demain, on part pour le Nord à quelle heure, 6h-6h30… ?

Ben non, pas avant 8h parce qu’on doit racheter de l’eau et du PQ et à cette heure-ci tout est fermé… donc faudra y aller demain avant de partir.

S’il y a de belles photos, s’il y a de beaux moments, de fortes émotions, d’incroyables découvertes, lorsqu’on voyage en stop, et qu’on dort chez l’habitant, et qu’on court d’une interview à une autre, il y a aussi la peur, le doute, les décisions à prendre dans la seconde, les risques, la fatigue, l’énervement, le ras-le-bol…

C’est ce qui fait l’aventure, c’est ce qui fait que c’est intéressant mais pas facile. C’est ce qui fait que Béa décolle de Colombie pour rentrer en France et ainsi travailler sur le projet EcoAmerica à distance via internet.

Guillaume continue sur le terrain, à travers l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord.







la vie de saisonnier |
madeinthaiklo |
babytraveltour |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mundus Antiquitatis
| 2008: Sur les chemins du su...
| Ben & Marion's Australi...