EcoAmerica au Plessis-Robinson (92)

15112013

Dimanche 17 novembre à 17h au cinéma Gérard Philipe

Nouvelle représentation du spectacle EcoAmerica – Voyage en quête de solutions durables.

Marie-France Roy ayant passé un an en Terre Adélie en tant que chef de district et Guillaume présentant le voyage EcoAmerica échangeront leurs visions du développement durable. En voyage, en immersion, ou encore sédentaire, quel monde voulons-nous construire ?

Entrée libre, voyage assuré !

EcoAmerica au Plessis-Robinson (92) afficheecoamerica1




EcoAmerica, 5 ans après…

17102013

Il est des choses qui demandent maturation. Le récit de voyage de ce périple journalistique EcoAmerica en fait pleinement partie.

Mûri au gré d’autres voyages nus et culottés, de davantage de rencontres plus locales et surtout au fil du temps qui passe et offre du recul au voyageur, le texte retraçant cette aventure est enfin arrivé au terme de son chemin. Voilà qu’il entre désormais dans un format qu’on peut partager : un livre. Au terme de son chemin… Ou plutôt d’une première étape. Pour le reste, il est entre vos mains.

Je suis heureux de vous présenter : EcoAmerica – Voyage en quête de solutions durables !

EcoAmerica, 5 ans après... dans Pensées couv-ecoamerica-188x300

Pour le commander, contactez-nous !




Prochaine conférence EcoAmerica – Châtenay-Malabry (92)

28042013

Mardi 21 mai 2013 – 19h30 à la médiathèque de Châtenay-Malabry

Des filets récupérant l’eau de la brume dans le désert chilien, du carburant états-unien à base d’algues, des fours solaires argentins, du cohabitat à la canadienne… Des solutions existent déjà pour répondre aux angoisses d’un monde qui court à sa perte.

Enthousiastes et utopistes, Guillaume (Mouts) et Béa partent pour compiler les témoignages de ces acteurs du développement durable. 10 mois, 17 pays, 40 000 kilomètres, 100 interviews.Prochaine conférence EcoAmerica - Châtenay-Malabry (92) dans Conférences trans

Affiche-Voyage-en-quête-de-solutions-durables-Mouts-725x1024 dans Conférences

 

Au delà de ces témoignages, ce sont des histoires de vie qu’ils entendent, celles de centaines de personnes qui les emmènent en stop et les hébergent chez eux, d’un bout à l’autre du continent américain.

Le jeune couple d’étudiants ne sait pas encore que c’est à sa propre rencontre qu’il va en choisissant la route comme guide. Comment supporte-t-on l’autre dans les difficultés d’un voyage voulu spartiate ?

Quel est le sens de cette quête idéaliste ? Ces solutions sont-elles réellement les bonnes ?

 

Dans une présentation au carrefour de la conférence et de la pièce de théâtre, Mouts revient sur les temps forts de cette année de voyage journalistique à travers les Amériques, du Sud au Nord, à la rencontre des acteurs du développement durable.

 

« Beaucoup d’émotions, de réflexions, une conférence théâtrale très bien menée entre joie et bonne humeur qui véhicule de vrais messages… J’encourage toutes les personnes qui ont soif de voyage ainsi que les autres à aller voir cette conférence. Personnellement, cela a confirmé en moi mon envie de voyage dans un futur proche… »
Mélina Manolias, étudiante en 2ème année INSA de Toulouse

« Une conférence exceptionnelle. Mouts nous a fait part de son vécu et de ses différentes expériences en gardant toujours son auditoire en haleine. Une conférence qui se rapprocherait d’une pièce de théâtre dans sa mise en scène. Toujours avec de l’humour et avec beaucoup d’intelligence, Mouts nous a transporté dans son voyage, en nous faisant partager ses études en matière de développement durable. À voir ou à revoir ! »
Chrystelle Matheu, service communication INSA de Toulouse

« Nous avons eu le plaisir d’accueillir Guillaume Mouton, jeune ingénieur INSA de Toulouse en Génie Civil, dans le cadre de nos conférences culturelles du 50è anniversaire de notre école.
Son témoignage, nourri d’anecdotes, dans une mise en scène vivante a captivé l’auditoire. Il a su partager avec nous son voyage mais également transmettre des messages d’ouverture, de solidarité et de respect de l’autre. Une conférence à recommander ! »
Laurent Grégoire, responsable Commission culture INSA de Toulouse
Véronique Desruelles, responsable communication INSA de Toulouse

 

Le site de l’association Nature Propre.

 




Et finalement, quelles solutions pour la planète ?

10072009

Je suis en France, de retour. J’ai retrouvé mon univers, mes proches, une autre réalité. Les images se bousculent dans la tête. Quelques mots en sortent. Diversité. Différence. Beauté.
Le monde est merveilleux, les gens sont encore plus beaux. Je suis content d’avoir été témoin de cette réalité.

Les gens et leur pays
Album : Les gens et leur pays

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Je finis mes 15 derniers reportages, je réfléchis au partage de l’aventure via l’écriture d’un livre. Des conférences sont à venir également. Pour l’instant, je prépare ma poursuite d’étude en Suède toujours autour du Développement Durable.

A ce propos, qu’est ce que je ramène ? Je suis parti faire un petit tour des solutions portées par les acteurs du développement durable. Des solutions dans le domaine des énergies, de la construction, de l’aménagement, des déchets, de l’eau, de la santé, de l’agriculture, de la politique, de la biodiversité, de l’éducation, etc. Ces solutions sont portées avec enthousiasme et percévérance par des acteurs très différents, tels des entreprises, des associations, des ONG, des gouvernements, des collectivités, des particuliers, des chercheurs, etc.

Les acteurs et leurs projets
Album : Les acteurs et leurs projets

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Ces solutions répondent au besoin de mieux considérer l’environnement et l’Humain dans un développement économique responsable. Elles pansent des plaies plus ou moins anciennes. Elles pansent. C’est bien là le problème. Elles ne font que panser, que soigner, et rarement anticiper les problèmes.

Je m’aperçois que les problèmes environnementaux, sont avant tout, des problèmes sociaux. Des problèmes d’incompréhension entre les gens, les états, les entités, les cultures. Ces problèmes sociaux ou sociologiques découlent à mon sens de problèmes humains, à l’échelle de l’individu. L’égoïsme de chacun serait à mon sens, responsable de nos difficultés.

D’après ce que j’ai vécu, en partant à la rencontre des autres, j’ai pu réaliser l’importance de rencontrer l’autre, d’avoir à l’écouter, pour le respecter quel qu’il soit. La rencontre de l’autre me semble être la vraie solution pour prendre le taureau par les cornes et s’attaquer à la base des problèmes. Je m’intéresse au Bouddhisme. Le renoncement, la sobriété, la quête du bonheur, le travail sur l’égo prennent du sens pour moi. La rencontre en toute amitié et saine curiosité permet de continuer ce travail sur l’introspection humaine.
Au final, je m’aperçois, dans un mélange de terreur et de joie que les solutions pour « sauver la planète », et surtout sauver l’humanité se contiennent plutôt dans la rencontre de l’autre que dans des champs d’éoliennes, des agrocarburants, des éco-taxes, ou autre sur-complication de notre système déjà en crise à cause de son niveau de complexité.

J’ai voyagé pendant 10 mois en stop et en Couchsurfing (hébergement chez l’habitant) pour aller chercher des solutions que j’avais déjà trouvées. En partant à la rencontre de l’autre, dès le premier pas, j’avais les solutions.

 




Relax, take it easy

6072009

Le cul dans le siège, prêt à décoller. J’ai la musique de la radio de l’avion dans les oreilles. Siège 23B. Pas de voisin.

Mon cœur bat la chamade. Ca y est je quitte l’Amérique. Bilan. Le projet EcoAmerica est accompli, j’ai tenu en partie mes objectifs. J’ai appris comme jamais, j’ai le sentiment d’avoir beaucoup muri. J’ai le sentiment d’avoir appris à être heureux, simple et tolérant. Je n’attends rien de la vie, tout arrive naturellement. Pourquoi est-ce si simple pour moi ?

L’hôtesse passe dans le couloir. J’adore parler anglais. Je perds un peu mon espagnol, et mon portugais est mort, mais ce n’est pas grave, ça ne sert à rien de capitaliser des connaissances qui n’ont pas d’utilité dans l’immédiat.
La France est de l’autre côté. 6h de vol, Paris, ma famille m’attend sur le Trocadero. Ca fait 10 mois que je suis parti. Je rentre le jour des 25 ans de mariage de mes parents. Un symbole ? Un hasard ? Je me sens comme un jeune militaire qui revient définitivement de la guerre. Vivant.

Le stress monte dans mes yeux, je sens une stimulation profonde titillée par ma satisfaction d’en être arrivé là. J’ai envie d’exploser. J’ai beaucoup appris sur l’environnement, et le développement durable au sens large. J’ai encore plus appris sur l’humain, sur moi, sur les autres. J’ai parcouru la quasi-totalité du trajet en stop. Je ne suis allé que 3 fois à l’hôtel. Aucune auberge de jeunesse, toujours chez l’habitant au contact vrai de la culture locale. Je suis content de tout ça. J’ai envie de pleurer de joie. J’ai réalisé mon rêve. Mission accomplie. Je suis heureux.

Les gens m’ont tout donné, tout apporté. J’ai été là au bon moment, au bon endroit. La chance m’a souri. Pourquoi ?
L’avion s’aligne sur le tremplin pour l’atlantique. Le bruit des réacteurs devient plus présent, plus turbulent. Il nous fait vibrer. Les gens se crispent au fond de leur siège. Certains ont peur, d’autres supportent l’impatience. J’ai hâte, je n’ai pas envie, je le veux, je ne sais pas où j’en suis. Mes yeux ne retiennent plus les larmes de joie. La radio entretien le rythme de mon émotion, et lui donne régulièrement des coups de fouet. Ma mémoire est gravée de ce moment à jamais.

L’avion commence à s’élancer. Il va de plus en plus vite, j’entends à peine la musique dans mes oreilles alors que mes bras tentent d’arracher les accoudoirs. Toujours plus vite. J’ai peur de ce moment, c’est emblématique. Le train avant quitte le sol. « Relax, take it eeeeaaaaasy » me susurre Mika via les écouteurs. Ca fait tilt dans ma tête. Je souris, je me relaxe. L’avion entre en apesanteur. Aurevoir l’Amérique. A bientôt peut être.




The end of the road

6072009

J’arrive à New-York, destination finale, ultime rendez vous avec l’Unesco, dernière étape, dernier pas, c’est la fin. Et pourtant, je n’ai pas le temps de voir passer l’aventure au complet.

Mon hôte CSing, Kasper, m’initie au dumpster diving. Cette technique lui permet de se procurer sa nourriture dans les poubelles des supermarchés juste après leur fermeture le soir. « En 6 mois, ici à NYC, j’ai dépensé moins de 50 dollars en nourriture » me confie la copine de Kasper.

Dumpster Diving in NY
Album : Dumpster Diving in NY

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Le rendez vous avec l’Unesco m’entraîne dans un monde passionnant, frétillant. Celui des Nations Unies. Badge à l’entrée, des dizaines d’accents différents, des buildings immenses, on montre patte blanche, on vient vous chercher. Le réseau Urbis auquel je m’intéresse pour mon cinquantième et dernier reportage me passionne. Je sors du rendez vous excité par une proposition de travailler avec eux sur un autre grand projet d’envergure. On verra ce que ça donnera.

Dans la foulée je monte au 86ème étage de l’Empire State Building, toit de NYC depuis que les jumelles ont fait à la révérence, contre leur gré, à des ailes venues de l’enfer. « C’est domestique, c’est sûr ! » me confirment bon nombre d’américains qui croient dur comme fer à la théorie du complot interne contre les jumelles. Vue sur NYC, immense sensation de réussite personnelle.

Avec les autres CSers qui séjournent chez Kasper, nous visitons, Little Italy, SoHo, Greenwitch village, le tout Manhattan. Le feu d’artifice du 4 juillet nous émerveille. Ces 5 sites de tirs nous rassasient.

NYC, the end of the road
Album : NYC, the end of the road

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EcoAmerica est fini. Bien fini. Il ne reste plus qu’à rentrer, ce 7 juillet. La France de l’autre côté de l’Atlantique. Paris, la tour Eiffel, les proches, le saucisson, le fromage. J’ai envie de rentrer. C’est juste le bon moment. Ca tombe bien, je n’ai pas le choix de rentrer ni plus tôt, ni plus tard. Je prends les choses comme elles viennent, tout est simplement parfait. A croire que la providence existe.




En phase avec la réalité 2/2

14062009

Pendant ce voyage d’Edmonton à Chicago, j’ai été pris par 18 véhicules et j’ai rencontré et discuté avec 25 personnes en parcourant 3000 km en 3 jours. Un record personnel battu puisqu’en une seule de ces journées, j’ai parcouru 1450 km en stop.

Traversée dOuest en Est de lAmérique
Album : Traversée d'Ouest en Est de l'Amérique

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Cet avion qui aurait pu m’emmener pour ce même trajet a émis 600 kg de CO2 par passager. C’est un vol commercial mis en place pour les voyageurs. Plus il y a de voyageurs, plus il faut d’avions, et donc plus il y a de CO2 relâché dans l’atmosphère.
De mon côté, avec le pouce levé, j’occupe un siège dans un véhicule qui émet aussi du CO2. Pour le même trajet Edmonton-Chicago, par personne, il en émet 150 kg de CO2 également. La différence, est que, avec ou sans moi, le véhicule fait le trajet. Sans moi, ou plutôt sans les touristes qui le remplissent, l’avion ne fait pas le trajet, il ne relâche donc pas de CO2 dans l’atmosphère.
C’est dommage, en prenant cet avion, j’aurai pu économiser 2 jours. J’aurai donc pu visiter plus d’endroits, rencontrer plus de projets, interviewer plus de personnes, apprendre plus de choses. J’aurai été plus performant, plus efficace pour le projet EcoAmerica, plus rentable… plus, plus, plus… Certes.

Seulement, j’aurai aussi relâché du CO2 dans l’atmosphère. Et puis, je n’aurai rencontré que vaguement mon voisin de siège, une hôtesse, un steward pendant le vol. C’est tout. Je continuerai à penser que les Américains sont cons…
Le monde a des limites, nous avons des limites.

On peut voir cela d’une façon pessimiste, contraignante.
On peut aussi considérer ces limites comme une opportunité de changer notre regard sur le monde et les gens qui nous entourent. Considérer et respecter ces limites est une opportunité pour l’humanité de grandir, d’évoluer, de régler des problèmes qu’elle traine depuis des milliers d’années.

En se remettant en phase avec la réalité, les problèmes et les solutions nous sautent aux yeux.

En ne prenant pas cet avion, j’ai perdu l’opportunité de rencontrer peut-être 2 ou 3 autres projets intéressants. Cependant, en ne prenant pas cet avion, j’ai suivi mes limites physiologiques, et les limites physiques de la planète. En ne prenant pas cet avion, j’ai dû trouver une solution alternative : le stop. Via le stop, je me suis aperçu que rencontrer les autres peut être une solution à nos problèmes sociaux, environnementaux et même économiques.




En phase avec la réalité 1/2

13062009

Après 2000 km dans l’Ouest Canadien entre Seattle, Vancouver, Calgary et Edmonton, je prends la route de nouveau vers les Etats Unis, vers le Sud-Est, en direction de Chicago.

Ce sont 5 jours de route qui se présentent, 5 jours de stop.

J’aurais pu parcourir cette distance en avion. Ca m’aurait couté 200 ou 300 dollars et c’était l’affaire de 5 ou 6 heures de vol. J’aurais eu de belles vues sur les plaines du Mississippi pendant le trajet. J’aurais pu avoir une discussion avec mon voisin de siège. J’aurai pu dormir aussi, et déguster un verre offert par une des charmantes hôtesses. J’aurais pu apprécier la puissance du décollage et les frissons de l’atterrissage.

Pourquoi ne l’ai-je pas fait ?

Simplement pour être en phase avec la réalité.

Le continent américain est immense. Les grands espaces méritent bien leur nom. Les routes dans les plaines sont rectilignes et interminables. Dans les montagnes, elles sont sinueuses et interminables. Voyager par la terre permet de se rendre réellement compte des distances, réaliser à quel point le climat, les gens, les accents changent, à quel point nous sommes infiniment petits et insignifiants devant le monde que nous habitons.

Voyager en stop permet d’échanger avec les occupants de la voiture, du camion qui m’emmène. La diversité des gens rencontrés me pousse dans les retranchements de mon ouverture d’esprit. Parfois je monte avec des gens avec qui, a priori, je ne partage rien. Nous n’avons pas la même culture, pas les mêmes préoccupations, pas la même façon de s’exprimer, aucun centre d’intérêt en commun. Parfois, je les trouve simplement cons ou fermés. Seulement, ils m’emmènent. Et je vais bien m’efforcer d’être sympa et agréable avec eux, le temps à passer dans leur véhicule. Alors je m’intéresse à ce qu’ils font, à ce qu’ils pensent, comment ils vivent. Je les questionne, ils me répondent puis me questionnent à leur tour. On va peut être même rire ensemble. Au final, je m’aperçois que ces cons ne sont pas si cons, que ces gens fermés ne sont pas si fermés. Je me rends compte aussi que j’ai peut être été moi-même très fermé de les juger ainsi sans même les connaitre personnellement. Nous sommes juste différents. Nous avons les mêmes besoins et les mêmes souhaits dans la vie. Des besoins et des souhaits qui s’expriment juste différemment…
Evidemment quand on est hébergé chez l’habitant, c’est la même chose, voire plus prononcé. On casse les préjugés et on apprend à vivre avec les autres.

« It takes all kinds to make the world », me dit Lisa, une native américaine, indienne Crow, qui m’emmène sur 300 miles à travers les plaines du Dakota du Sud.

Je n’ai pas pris cet avion pour me rendre compte de ces changements, les apprécier, les endurer aussi. Mon corps et surtout mon esprit, s’adaptent. On passe un fuseau horaire, on change d’état, il n’y a plus que 7h de décalage avec la France. Les plaques d’immatriculation ne sont plus les mêmes. En se rendant compte des différences mais aussi et surtout des similitudes que nous avons avec ces « cons », finalement, on se comprend mieux, et on ne s’insurge pas face à chaque parole avec laquelle on n’est pas d’accord. On prend le temps, on s’intéresse à son interlocuteur. On se questionne soi même. Il a peut être raison ? Tiens c’est marrant, pourquoi voit-il les choses comme ça ? Je repense aux sacrifices humains en Bolivie, à la conception de la religion d’un Mexicain, à un transsexuel guatémaltèque, à un entrepreneur états-uniens…

Toutes les personnes que je rencontre ont leurs raisons de penser comme ils pensent. Les Américains sont parti en Irac, nous ne sommes pas d’accord, ils sont cons ces Américains. Les Français ne nous suivent pas en Irac, ils sont cons ces Français… Les conflits dans le monde viennent peut être simplement d’un manque de communication, d’un manque de rencontre de l’autre, d’un manque d’intérêt dans son rythme de vie, sa façon de penser. Peut être que si nous prenions le temps de nous rencontrer, de nous assoir autour d’une table, prendre un verre ensemble, peut être qu’au lieu de se taper dessus, on apprendrait à vivre ensemble. Peut être qu’aussi nos yeux seraient plus ouverts sur des problèmes communs, sociaux et environnementaux. Comment se fait-il qu’au XXIème siècle avec tous les moyens que nous avons, nous en soyons encore tristement là ?

Ceci est vrai pour l’échelle d’un pays, comme pour celle d’un immeuble.

Mon voisin me tape sur le système avec sa musique toujours trop forte. Pourquoi il râle tout le temps contre ma musique, il ne se rend pas compte du bruit qu’il fait en claquant les portes en pleine nuit ?

Prendre un verre ensemble. Casser l’image de l’inconnu, ca ne peut qu’arranger les choses.




Les continents se parlent au Canada

8062009

Les grandes villes sont souvent caractérisées par la diversité de gastronomies, de langues, de couleurs de peau, de styles vestimentaires qu’elles contiennent. Le Canada est certainement l’un des pays les plus visés pour l’immigration, jouissant donc d’une société multiculturelle.

Dans un bar-club d’Edmonton, lors du Fest-Next, un festival qui met en avant de jeunes talents, on retrouve tous les arts, tous les styles. La salle réunis des fils et filles d’immigrants européens, africains, latinos, asiatiques, océaniques. Le monde y est représenté. Tous semblent très bien vivre ensemble, malgré des peaux de couleurs différentes, malgré des chemins spirituels différents, malgré des idéaux politiques différents, malgré des couvre-chefs différents.

Je discute avec un maximum de personnes, j’aborde la question du racisme. « Ici, il y a très peu de racisme, les gens sont fiers de leur pays d’origine, c’est la force du Canada d’être un pays d’immigrants » me dit l’un d’entre eux.

Ici, on vit ensemble, et on le vit bien.




Privilégié de l’humanité

7062009

Je profite d’être à Edmonton pour participer à un forum international sur la Nature Urbaine (Urban Nature Forum, en introduction du World Congress by ICLEI). 23 pays sont représentés, 60-70 personnes venues des 5 continents sont là pour débattre sur comment gérer la biodiversité en ville.

Echange d’expériences, échange de contacts, échange d’idées. Echange.

Urban Nature Forum
Album : Urban Nature Forum

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Beaucoup de ces personnes se connaissent. J’ai l’impression d’entrer dans une grande famille, celle de ceux qui verdissent les villes. Chacun expose ce qui a été entrepris dans sa ville. Entre autres, New-York, Cape Town, Nagoya, Amsterdam, Montréal, Sao Paulo, Canberra, etc. Le monde déborde d’idées, d’expériences. Pas de brevet, d’appropriation, de certificat. On est là pour échanger, pour donner et recevoir des conseils. Certains pensent technique, d’autres pensent gouvernance. Les regards sur la biodiversité se croisent, des étincelles restent dans la botte de foin mentale de chacun d’entre nous, en fonction de ce que nous étions venus chercher. Beaucoup repartent en feu. Il n’y a pas de conflit dans ce forum, pourtant, les mondes occidentaux capitalistes sont représentés, certains pays africains très pauvres sont là, des gens d’Israël, des personnes aux confessions musulmanes, chrétiennes, bouddhistes, se parlent, échangent un repas, suivent la même conférence.

Nous passons au dessus de nos difficultés à parler la même langue. Si l’anglais est la langue utilisée par tous, on entend parler Japonais, Français, Allemand, etc. Les accents des australiens, des sud-africains, des états-uniens, ceux des anglophones non natifs sont différents, on en plaisante. On rit. Nous passons au dessus des difficultés de sommeil dues au décalage horaire imposés par les avions. En pleine conférence, alors qu’il est 15h à Edmonton, pour les Européens, il est 23h, pour les Australiens, il est 5h du matin.

Au cours des repas, les participants au congrès mangent ensemble. Autour de table de 7-8 personnes placées aléatoirement, chacun y va de ses anecdotes personnelles, professionnelles. Je me retrouve après un de ces repas riches en rires, à danser, moi français, blond aux yeux bleus, avec Godfrey, un maire kenyan de 50-55 ans à la peau très noire sur des airs de musique country canadienne joué par 3 hommes, certainement immigrants, d’Autriche, de Pologne peut être. « Next time, when you come to my country, I’ll show you how we dance over there », m’invite Godfrey.

Le monde ne fait plus qu’un.

Les gens font face à leur timidité puis commencent de plus en plus à se parler, à plaisanter. Nous prenons plusieurs fois le bus pour aller visiter des zones de la ville, améliorées en termes de biodiversité. Le bus est plus bruyant qu’un car scolaire. Les enfants du monde vivent un instant ensemble. Les continents se parlent. Ces moments sont remplis d’énergie, d’excitation et d’espoir. Il suffit de se parler, il suffit d’aller voir l’autre, de s’intéresser à ce qu’il fait pour se rendre compte qu’il n’est pas si différent de soi. « Dans ma ville à Singapour, nous avons un hôpital psychiatrique qui aide les personnes en difficulté à retrouverle calme en eux, grâce à la biodiversité. Ils passent 1 semaines dans un immense vivarium, rempli de papillons. »

Un dénominateur commun réunis toutes ces personnes avec qui je me retrouve dans ce congrès. Nous avons tous eu la chance de recevoir une instruction et une éducation nous permettant d’être suffisamment curieux pour ouvrir nos yeux vers d’autres cultures et vouloir aller voir ce qu’il y a de l’autre côté de l’horizon. Cela nous rend aptes à surpasser les différences culturelles et à retenir le bon de ces différences. D’où l’intérêt de l’accès à l’éducation, à l’information. Ces deux accès sont malheureusement encore rarement bien faits, même dans les pays dits « libres et développés ». Toutes les personnes présentes ne sont pas comme des immigrés qui prennent la couleur du pays d’adoption, nous sommes tous des citoyens de notre pays respectif, et vivons encore dans ce même pays. Nous sommes donc encore plus authentiques et marqués par notre culture. Ça rend ce moment unique pour moi.

Il y a 100 ans, ce n’était pas possible de prendre l’avion et de réunir tant de personnes d’horizons si différents au même endroit au même moment. Dans 100 ans, il est probable que nous ne soyons plus en mesure de voyager aussi facilement (rareté du pétrole, besoin de vivre localement pour des raisons sociales et environnementales, insécurité croissante etc.).

J’ai l’impression d’être un privilégié de l’humanité qui a pu rencontrer ses frères.

Dans ce forum, je réalise l’importance d’échanger à cet échelon mondial. L’avion est nécessaire certes, il pollue, c’est sûr. Mais c’est un moyen qui permet de se rencontrer, d’échanger, de comprendre les difficultés des autres tout en s’inspirant de leurs réussites sans les jalouser.

Dans ce forum, festin de bonnes idées, je déguste l’espoir à l’état mondial, croquant et frais.







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